Mercredi 1er juin - Soleil, Pisco et étoiles

Pour ceux qui ne suivent pas, nous sommes toujours au Chili. Mon commentaire de la veille était juste par rapport à la situation que nous avions connu en Bolivie les semaines précédentes. Nous avons décidé de quitter à regret ce pays à cause de l'instabilité qui y régnait. Les événements actuels nous confortent malheureusement dans notre choix : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3222,36-656759@51-643387,0.html
Aujourd'hui est une longue journée au CHILI (pour ceux qui ne suivent toujours pas...). Nous remontons la vallée de l'Elqui et quittons enfin les nuages bas qui s'accrochent à la côte. Contrairement au reste de la région, ici, l'intérieur du pays n'est pas complétement désertique. Des conditions climatiques particulières et la proximité d'une rivière providentielle confèrent à cette vallée des vertues agricoles de premier ordre. On parvient notament à y cultiver des fruits généralement présents dans des zones tropicales comme la papaye ou la "chilimoya" (Je prononce à l'espagnol mais la véritable orthographe est "chiRimoya"). Au fur et à mesure que nous montons le long de la vallée de l'Elqui, la végétation se modifie peu à peu pour devenir de type méditerranéen. On y rencontre principalement des vignes qui servent à la fabrication d'un alcool : le Pisco. Pour ceux qui suivent et se rappellent vraiment de toutes nos aventures, nous avons déja visité une ville portuaire au Pérou qui s'appelait Pisco et qui se vantait de produire un alcool du même style basé sur la distillation du raisin. Et bien, historiquement, c'est le même! Au temps des colonies espagnoles, seul le port de Pisco au Pérou était habilité à exporter l'alcool produit dans la région de l'Elqui. Commercialement, cet alcool a pris le nom de Pisco. Lorsque le Chili a obtenu son indépendance, celui-ci a continué à vendre son alcool sous cette appelation. Les péruviens, de manière habile, ont brouillé les cartes en créant de toute pièce un alcool similaire dans la région de Pisco. Il existe donc bien deux Pisco : l'un au Pérou et l'autre au Chili. Les chiliens, afin de péreniser le nom, ont même renommé un village en "Pisco-Elqui" afin de rendre tout cela plus clair... Vous me suivez? Bon. Vous me suivrez encore moins lorsque vous en serez à votre troisième verre de dégustation de "Pisco Sour", le coktail phare à base de Pisco : 3 doses de Pisco, 1 dose de jus de citron, sucre et glace...
La pause déjeuner s'effectue dans un restaurant atypique puisqu'il fonctionne uniquement à l'énergie solaire. La vallée de l'Elqui est réputée pour son ensoleillement quasi permanent : plus de trois cent jours de soleil par an. Le restaurant ne ferme donc pas souvent. Pour les curieux, la cuisson de chaque plat s'effectue dans un four solaire individuel qui concentre avec des mirroirs les rayons du soleil en son centre. Ainsi, devant le restaurant sont placés une vingtaine de ces fours, chacuns destinés à un plat : pain, soupe ou poulet. Certe, la cuisson est lente mais tout est chaud et trés bon dans l'assiette!
Sur les monts surplomblant la vallée de l'Elqui pousse une drole de variété de cactus : les télescopes. Les conditions climatiques et la qualité du ciel sont parmis les meilleures au monde pour l'observation des astres. Les scientifiques européens et américains ont construits plusieurs télescopes dans la région afin de regarder toujours plus loin dans l'univers et dans le temps. La commune de Vicuña a eu l'intelligente idée de faire partager cette fièvre scientifique au commun des mortels en construisant un superbe télescope "semi-amateur" avec coupole et tout le reste. Nous restons donc dans la soirée afin de profiter cette opportunitée. La visite est trés didactique et nous plonge dans l'infini de l'univers. Notre guide nous montre un point dans le ciel. Pour nous, une simple étoile. Mais la même "étoile" vue dans le télescope est en fait un amas d'étoiles. Et chacune de ces -soit disant- "étoiles" est encore un groupe d'étoiles! Et chacune est une galaxie. C'est à dire un groupe de systèmes solaires comme le notre. Bref, il y en a des millions et cela donne le tournis! Nous sommes vraiment tout petit. Moins qu'un grain de sable au milieu de l'univers... Du coups, on regarde le ciel nocturne avec un autre oeil: celui de l'humilité. Pour les purs passionnés (J'ai beaucoup pensé à toi François-Xavier!) et afin de donner un ordre d'idée de la puissance du télescope, nous avons pu voir Jupiter comme une grosse bille avec ses traits et ses sattelites. Voila, je vous laisse rêver à l'infini et à l'univers toujours en expansion. Finalement, je vais reprendre un autre Pisco Sour. Santé! A l'univers et à son créateur! Hips.

1 Commentaires:

Anonymous Atlas de la cuisine solaire said...

Sur les fours solaires je vous recommande un site ;) Atlas de la cuisine solaire. Cordialement.

02 juillet, 2011 14:33  

Enregistrer un commentaire

<< Home