Amérique Latine - Récapitulatif

Pour les deux qui suivent encore mais qui ont peut-être eu du mal à me repérer géographiquement de temps en temps, voici l'ensemble de mes déplacements durant ces 100 jours à travers une minuscule partie de l'Amérique latine...

Arrivée à Buenos Aires puis descente vers Ushuaia. Aprés une halte à Bariloche, je monte vers Salta d'où je prend un avion vers le Pérou(Lima). A la fin de mon voyage, retour depuis le Chili(Santiago) vers Buenos Aires puis départ pour la France.

Arrivée à Lima depuis l'Argentine. Plusieurs expéditions depuis Lima puis vol vers Cusco. Aprés une ample découverte des alentours, nous rentrons en Bolivie au bord du lac Titicaca.

Depuis le lac Titicaca, nous atteignons La Paz qui sera la plaque tournante de notre séjour sur l'altiplano. Aprés un vol vers Sucre, nous nous dirigeons vers le sud pour atteindre le Chili à San Pedro de Atacama.

Depuis San Pedro, nous descendons jusqu'à Valparaiso. Aprés un séjour sur l'Ile de Pâques puis à Santiago, je prends un avion vers Buenos Aires.

Mercredi 15 juin - Dernier jour

La pluie m'a rejoint à Buenos Aires. Je me trouve un peu dans la même position que Nadège : pas envie de faire grand-choses... Il y avait des quartiers que je voulais visiter. Mais le temps ne m'y incite pas. Voila encore une bonne excuse pour revenir dans cette ville que j'adore. C'est aussi une excuse pour flâner sans but précis dans les artères commerçantes et effectuer mes derniers achats avant mon retour.
Je me rends compte de la richesse culturelle de l'Argentine avec du recul. Que ce soit au niveau des livres ou de la musique, on est loin de la soupe commerciale du Pérou et de la Bolivie ou de la rigueur standardisée du Chili. J'en profite pour m'informer un peu plus sur le tango que j'ai négligé jusqu'à maintenant. Cet intéret de dernière minute est du à une rencontre qui m'a ouvert les yeux. Il faut savoir que depuis la Bolivie, je dois porter à chaque déplacement de mes affaires un chapeau -style Al Capone- que j'ai acheté à La Paz car il représente bien les paysans boliviens de l'altiplano. Lors de mon arrivée à Buenos Aires, j'ai eu la chance de croiser une personne qui m'a toute de suite dit: "vous êtes français!". "Pourquoi?" Lui ai-je demandé. "Parce qu'il n'y a que les français pour aimer le tango comme Carlos Gardel!" N'ayant pas trés bien compris le sens de ses paroles, il a fallu que j'épluche les guides afin de trouver qui était ce Carlos Gardel. Ce n'est pas moins que la légende du tango. Celui qui en a écrit les plus grandes pages. Auteur et interprète, ce "porteños" (nom donné aux gens de Buenos Aires) est d'origine française: tout s'explique! En me promenant dans des boutiques et des cafés, j'ai retrouvé des photos de ce dernier : il porte le même chapeau que moi! La boucle est bouclée : mon chapeau se porte à La Paz comme à Buenos Aires. Mais il s'interprète différement!
Un dernier mot sur Boca. Les nouvelles à la télévision ne parlait que de ce match et du scandale qu'il a créé. Il faut savoir que même les argentins sont scandalisés par ce qui s'est passé. Je ne l'avais pas vu mais l'entraineur de Boca avait craché sur un joueur mexicain! Il y avait aussi des chants du style "mexicains fils de p..." que je n'avais pas trés bien compris. Bref, les argentins sont assez embettés car ils ont perdu de leur crédibilité pour organiser des rencontres et des tournois internationnaux. Personnellement, j'avais trouvé la présence policière trés faible par rapport à ce que l'on voit en Europe. Quand on sait que les supporters de Boca sont bien pires que ceux de Marseille (et c'est peu dire!), peut-être que tout cela devrait évoluer.
Un dernier mot d'ordre politique. La loi sur "l'impunité" est déclarée "inconstitutionnelle". Sans rentrer dans les détails, les crimes commis lors des dictatures militaires n'avaient jamais été jugés et ne pouvaient faire l'objet de poursuites. Beaucoup de personnes ont disparu sous ces régimes et il n'y avait aucun moyen d'enqueter sur ce sujet. Les "mères de la place de mai" se réunissent une fois par semaine pour réclamer justice et explication pour leurs fils disparus depuis 30 ans. J'ai vu l'une d'entre elle à la télévision exprimer son soulagement. Ses 30 ans de perseverance n'auront pas été vains. Pour plus de détails, je vous renvoie à l'article du Monde daté du 14 juin.
Comme je prends l'avion demain, n'attendez plus de nouvelles de ma part. A moins que je le rate... A ce propos, je voulais vous faire une confidence. Oui! A vous lecteurs inconnus de tout bord! Qui êtes-vous? Combien êtes-vous? J'aimerais tant savoir qui vous êtes! C'est l'unique défaut de ce blog: je ne peux pas savoir qui me lit réellement. Alors, si vous voulez me faire plaisir, manifestez-vous! Déposez simplement un coucou avec votre prénom. Cela me ferait extremement plaisir! Et si vous avez des critiques, je les accepte toutes bien volontiers! Les bonnes comme les mauvaises. Surtout les mauvaises car elles aident à progresser! Et sachez que je ne vous en voudrez pas. Donc allez-y! Je vous en remercie d'avance et remercie particulièrment ceux qui ont déja eu le courage de déposer un commentaire afin de rendre mes récits plus vivants. J'ai hâte de rentrer en Europe et de tous vous retrouver (même au boulôt!). A bientôt et merci de votre attention!
Une utlime parrilla avant de rentrer. Avec le vin argentin, ce sont les deux choses qui vont réellement me manquer à mon retour...

Mardi 14 juin - Football et tragédie

Le football est une affaire de coeur. "Una sola passion, Boca" (Une seule passion, Boca) peut-on lire sur les bonnets de certains supporters. En amérique du sud plus qu'ailleurs, on vibre et l'on vit pour ce sport.
Boca Junior est une équipe emblématique dans toute l'amérique latine. Le club, qui fête ses 100 ans cette année, est un peu similaire au Real de Madrid dans son rayonnement qui dépasse le cadre national. Le tee-shirt bleu et jaune de l'équipe est porté par de nombreux jeunes au Pérou et en Bolivie par exemple. Sociologiquement, il est inconcevable d'affirmer avoir visité l'amérique du sud sans avoir au moins assisté à un match de football! Par chance, Boca joue ce soir un match important face une équipe mexicaine (les "Chivas" de Guadalaraja). Il s'agit d'un match équivalent à un quart de final retour de notre Champion's league (coupe d'Europe des clubs pour les incultes que je pardonne bien volontiers). Il faut savoir que Boca s'est fait sévèrement corriger au match aller au Mexique en subissant une lourde défaite (4 à 0). Ses chances de qualification sont donc infimes.
Malgré cela, à mon arivée sur place, je découvre que toutes les places sont déja vendues! Ma première aventure consiste donc à trouver et marchander un billet sur le marché noir. J'avoue avoir eu du mal car les argentins sont trés fiers et pas forcément diplomates dans la manière de discuter. Si l'on propose un prix trés bas pour essayer de "couper la poire en deux" par la suite, le vendeur à la sauvette se vexe et tourne les talons. A force de tatonnements et de nombreux échecs, je suis néanmoins parvenu à mes fins. Ma découverte tumultueuse continue lorsque je commence à faire la queue pour rentrer dans le stade. Environ trois quart d'heures durant lesquelles la progression est lente et la foule se compacte de manière quelques fois violente. Tout cela pour découvrir devant le portique que je me suis trompé d'entrée. Par mesure de sécurité, j'avais pris une place numérotée placée assez haut. On m'avait dit de me méfier des supporters qui sont dans la fosse car cela peut être dangereux. Finalement, ils ne sont pas si méchants puisque j'ai fait la queue tout du long avec eux, apprenant au passage quelques uns de leurs chants et pas mal de leurs insultes destinées à l'adversaire et aux policiers! Avec toutes ces mésaventures, j'arrive juste pour le coup d'envoie...
Le stade est tout bleu et cela ne s'arrete jamais de chanter. Et toujours des chants différents que tout le monde connait par coeur! Pour l'anecdote, l'un des groupes de supporters se nomme "Boulogne". Comme pour le Paris Saint Germain, l'une des tribunes donne sur une rue qui s'appele "Boulogne". Et comme au PSG, ce sont les plus violents et les plus virulents qui s'y trémoussent, collés contre le grillage...
Le match est à sens unique : Boca attaque tout le temps et les mexicains se contentent de défendre. Mais cette année, Boca traverse une crise. Elle piétinne en championnat et, compte-tenu de sa déroute au match aller, est déja virtuellement éliminée de la "Copa Libertadores" (nom de cette "Champion's League" des pays d'amérique latine). Et la crise continue ce soir: Boca joue bien mais ne marque pas. Le public, lui, ne s'arrete pas de chanter. Les minutes stériles en but passent et les supporters sont toujours en train de s'époumonner. La tension est perceptible sur le terrain. Boca sent que tout lui échappe. Malgré le froid et le vent, toutes les têtes sont chaudes: deux expulsions, des jets d'objets vers le gardien mexicain et un supporter qui parvient à rentrer sur le terrain. Autant d'incidents qui poussent l'arbitre à clore le jeu avant son terme. Une bien terne sortie pour l'équipe la plus titrée du continent...
Une tragédie qui se noue et des rêves qui se brisent... Le football est le théatre du peuple. Et chaque peuple a sa part de rêve. Il en va de même au Chili : “Vinimos a hacer historia” (Nous sommes venus pour écrire l'histoire). Le capitaine de l'équipe des moins de 20 ans du Chili parlait du résultat impressionnant des chiliens face au Honduras (7 à 0) lors de la coupe du monde des moins de vingt ans qui se déroule en Hollande. Pendant trois jours, tous les journaux ont fait leurs unes sur ce résultat. Tout devenait légende. Les chiliens voyaient déja les choses en grand. Hier soir, cette même formation a perdu 7 à 0 face aux espagnols. Grandeur et décadence... Où l'on passe du rêve à la tragédie en trois jours: c'est le football en amérique latine dans toute sa splendeur.

Mardi 14 juin - Back in BA

La neige bloque toujours le route vers Mendoza. Tant pis, je ne verrai pas cette ville. Il est temps d'appliquer le plan B : prendre l'avion. Ce n'était pas prévu dans mon budget. Mais l'important est d'arriver. Et me voila de retour à mon point de départ: Buenos Aires... Avec un petit peu plus d'assurance dans cette ville et avec ces gens que j'ai appris à connaitre. Il fait meilleur qu'à Santiago et ce n'est pas pour me déplaire.
Message personnel pour Nadège : je ne peux pas t'écrire car ma messagerie perso est en maintenance... J'essairai de poster un message tôt demain matin. Pour l'heure, je dois me dépecher car j'ai peut-être l'occasion d'assister à un match de Boca! Pour ceux qui n'y connaissent rien au foot, je tâcherai de vous expliquer cela plus tard...

Lundi 13 juin - Faux départ

Il me reste peu de jours avant mon retour en France. Je devais aujourd'hui prendre un bus pour l'Argentine afin d'entamer mon retour vers Buenos Aires d'où je prendrai mon avion. Malheureusement, depuis plusieurs jours, la route joignant Santiago à Mendoza est bloquée par la neige. Il s'agit d'une route qui traverse la cordillère des Andes en passant à côté de l'Aconcagua qui n'est pas moins que le plus haut sommet du continent américain.
Qu'à cela ne tienne: le destin me retient une journée de plus au côté de Nadège. Donc tout va bien! Je ne vais pas m'étendre sur Santiago. Je suis parti à la découverte de nouveaux quartiers mais rien de bien intéressant. Le temps est toujours gris et il pleut de temps en temps. On ne peut pas dire que c'est réjouissant...

Dimanche 12 juin - Santiago du Chili

Le ciel est bas et il fait froid. Une légère brume couvre la ville. On voit à peine les Andes enneigées au loin. Santiago possède des quartiers charmants et a tout d'une grande métropole moderne. Sa richesse historique et culturelle n'est pas extraordinaire. Nous passons néanmoins une passionnante journée à la découverte de ses différents quartiers, passant d'une grande avenue à un parc, d'une petite rue pavée à une place de marché. Mais il faut l'admettre, nous avons fait le tour de tout cela en une journée et cela suffit largement...

Samedi 11 juin - Rude retour

Les adieux avec l'île me sont un peu pénibles. Malgré sa petitesse, l'ile regorge de surprises et j'ai la sensation de ne pas avoir tout exploré dans ses moindres recoins. Et puis, c'est aussi la sensation de "fin des vacances" qui me saisit. Nous quittons le point le plus "exotique" de notre périple et entamons -de fait- notre retour vers l'Europe (dans moins d'une semaine, nous devrions être de retour...). Le choc est intense lorsque nous arrivons à Santiago. Ici, c'est l'hiver! Les montagnes alentours sont enneigées et la différence de température avec l'Ile de Paques m'est insupportable. Mais on va s'y faire. Demain, nous visiterons Santiago avec beaucoup de curiosité et tâcherons de faire mentir les mauvaises langues qui jugent qu'il n'y a rien d'intérressant ici!

6 au 10 juin - Isla de Pascua

Je ne vais pas rentrer dans les détails de notre exploration de l'Ile de Paques ni dans sa description précise. Je vais simplement tenter de souligner le point qui me parait le plus important de notre séjour sur l'ile: l'ambiance "vacance". Où il est question de plaisir...
Cette sensation a de multiples facettes. Tout d'abord la géographie du lieu. Nous sommes tout simplement sur l'endroit le plus éloigné de toute autre terre au monde! L'ile la plus proche, Pitcairn, est à 2000 kilomètres! Ainsi, il est facile de regarder l'horizon et de se laisser aller à des rêveries sur l'infinie océan. Nous sommes sur un minuscule caillou et il n'y a rien à des milliers de kilomètres aux alentours...
Sur l'ile résident 3500 habitants et une poignée de touristes. Même si le tour de l'île ne fait guère plus de 50 kilomètres, on se retrouve facilement et rapidement seul. On ressent alors une solitude qui se transforme en une plénitude emplie de méditation: enfin seul, vraiment seul. Face à la mer, face à soi-même...
L'atmosphère est douce et tout y concourt. Le temps est difficile à expliquer mais une chose est certaine: on n'a jamais froid! Les clichés que nous avons de l'ile de Paques sont ceux d'une ile aride au climat hostile. Oui, il y a toujours beaucoup de vent. Oui, il n'y a pas beaucoup d'arbres. Oui, le ciel bleu est assez rare. Oui, il pleut même violemment de temps en temps. Mais malgré tout cela, il fait toujours bon de jour comme de nuit et l'humidité constante que nous persevons n'est jamais étouffante. Bref, malgré son attitude agressive, le climat est toujours doux!
Les pascuans participent aussi grandement à nous apporter cette douceur de vivre. Toujours souriants, toujours serviables et à l'hospitalité exemplaire, les natifs de l'île savent que le touriste est leur manne principale et le lui rende bien.
Pour ceux qui n'ont aucune idée de l'apparence de l'île de Paques, il faut s'imaginer l'Ecosse... Le paysage volcanique est principalement constitué de collines à l'herbe rase. Les côtes sont des rochers volcaniques pouvant se transformer en spectaculaires et profondes falaises de plus de 200 mètres. Pour ajouter une touche exotique, les pascuans ont ré-introduit le palmier sur l'île. On les rencontre principalement dans l'unique village de l'île: Hanga Roa. On trouve aussi deux magnifiques plages de sable fin qui offrent une parfaite baignade dans des rouleaux très amusants. Encore une fois, les apparences sont trompeuses. L'océan semble violent et froid. Et bien non! La poule mouillée que je suis s'y est baignée avec beaucoup de plaisir...
Pour l'instant, ma description n'a rien de trés originale bien qu'elle soit séduisante. A tous ces ingrédients, il faut rajouter le principale : le mystère.
Tout sur cette ile est mystère. Pourquoi et comment des gens, au cinquième siecle, sont partis des iles Marquises (à plus de 4000 kilomètres de là!) pour s'installer sur l'Ile de Paques? Comment expliquer le travail de Titan des pascuans qui, jusque vers le XVI ème siecle, auront taillé et transporté pres de 800 statues de pierre? Chacune pèse plusieurs tonnes. On en trouve sur toute l'ile. La tâche dépasse l'entendement et l'interrogation est la même devant chaque statue rencontrée : pourquoi? Et pourquoi les avoir toutes subitement renversées à terre? Quel évenement a poussé les pascuans à changer trés rapidement leurs coutumes au point de détruire ce qu'ils avaient créé? Des chercheurs ont démontré que la végétation de l'ile de Paques était similaire à celle que l'on rencontre sur des iles comme Tahiti. Comment expliquer que l'ile ressemble désormais plus à l'ile de Shetland qu'à ses soeurs polynesiennes?
Les mystères sont partout. Les énigmes non résolues foisonnent. A chaque détour de chemin, l'ile se pare de cette aura mystérieuse. Entre une statue et la mer, entre un volcan et le ciel, elle envoûte. Elle transporte. Encore bien plus loin. Toujours plus loin dans l'imaginaire et le rêve...

L'oeil blanc de la statue représente la fonction principale de cette dernière: surveiller et protéger le village qui lui fait face.

L'environnement prête à la méditation...

On ne connait toujours pas la raison qui a poussé les habitants de l'île à renverser toutes les statues.

Sur le lieu de fabrication des statues, beaucoup attendaient encore d'être transportées vers leur destination finale lorsque le culte de ces dernières s'est mystérieusement et subitement arrêté.

Ce sont les archéologues aidés de grues qui ont redressé les statues et restauré certains sites.

Dimanche 5 juin - Vol vers l'Ile de Paques

Une journée de transition durant laquelle nous passons encore quelques heures fort agréables à Valparaiso avant de nous rendre en bus vers l'aéroport de Santiago du Chili. Aprés environ cinq heures de vol, nous arrivons dans la soirée sur cette ile tant désirée. La première impression est celle des vacances, les "vraies": aprés la fraicheur de Santiago, nous sommes saisis par la température qui règne sur l'ile. Malgré un fort vent, nous n'avons pas froid et sommes à l'aise avec un simple tee-shirt. L'atmosphère est humide et la pluie ne tarde pas à nous souhaiter la bienvenue. Malgré cela, on s'y sent bien et les gens semblent tous trés accueillants.

Samedi 4 juin - Flâneries dans Valparaiso

Nous passons une nouvelle journée à nous promener dans Valparaiso. Contrairement à hier, le soleil est éclatant et le ciel d'un bleu limpide. C'est une magnifique journée pour en prendre encore plein les yeux. Toutes ces maisons aux couleurs vives, toutes ces petites ruelles escarpées, toutes ces perspectives sur la baie de Valparaiso et ses montagnes environnantes sont autant d'appels à la poésie et au rêve. Ce n'est pas pour rien que ce fût le lieu de prédilection du célèbre poète chilien Pablo Neruda.
Nous faisons quelques emplètes afin de préparer notre départ. Et oui : nous quittons le Chili mais restons au Chili. Où allons-nous? Sur l'Ile de Pâques! Certe, c'est une petite folie. Mais il aurait été dommage de passer à côté de cette opportunité. Je pense que nous ne reviendrons pas de si tôt en amérique du sud et que nous ne ferons jamais le tour du monde pour aller spécifiquement sur cette île. Tous les globe-trotters que nous avons rencontré au cours de notre périple ont unanimement vanté les mérites de cette île. Nous allons vérifier cela par nous-même. Nos nouvelles risquent d'être plus sporadiques car nous serons au milieu de l'Océan Pacifique sur une île toute petite. Ce sera l'occasion de nous (re)poser quelques jours avant de commencer à songer au retour en Europe. Nous partirons Dimanche et reviendrons le samedi suivant. En cas de silence radio, merci de votre indulgence pendant cette courte semaine!

Vendredi 3 juin - Valparaiso

Autant le dire tout de suite: Valparaiso, j'adore.Je ne vais donc pas être très objectif dans ma description des lieux. Notre arrivée fut très matinale car nous avons pris un bus de nuit. Un doux soleil commence paisiblement à réchauffer la ville encore endormie lorsque nous débarquons à "Valpo", comme on dit ici. Valparaiso est un port au passé glorieux.Il fut pendant longtemps la première halte "chaleureuse" pour les marins ayant passé le Cap Horn et remontant la côte Pacifique. Lorsque le canal de Panama a rendu cette route obsolète (vers 1920 je crois), la ville s'est progressivement endormie et a perdu de son dynamisme politique et économique au profit de sa voisine au pied des montagnes : Santiago. Aujourd'hui, Valparaiso est une ville portuaire paisible qui cherche un second souffle. L'activité culturelle y est très intense.
Valparaiso possède une âme qui la rend unique. Géographiquement, la configuration de la ville ressemble à celle de Nice: de multiples vallées se jettent abruptement dans la mer. Les habitations accrochées à celles-ci sont souvent en bois et sont toutes de couleurs différentes. Certaines rues sont de véritables arcs en ciel de couleurs, un peu comme j'imagine les clichés de l'Irlande, mais avec plus de soleil. Tout inspire le calme : les escaliers escarpés et déserts, les chats et les chiens se dorant au soleil ou la vue sur la baie si apaisante. On se promène avec les yeux qui brillent marchant de surprise en surprise. On ne se lasse pas de se perdre dans une petite rue pavée ou dans une grande avenue bruyante. Les immeubles décrépis cotoient des petites maisons écarlates nouvellement repeintes. On sent que les gens aiment leur ville et veulent rendre leur cadre de vie plus chaleureux. Mais tout cela demande de l'argent et le tissu économique local semble à peine commencer à se redévelopper. Une chose est sure : Valparaiso est belle et sera encore plus belle demain.

Valparaiso est une ville qui oscille entre les coins sordides et les suprises colorées.

Jeudi 2 juin - Bord de mer

Le centre de la Serena n'étant pas exactement en bordure de l'océan, nous n'avions pas eu l'occasion de le contempler. Aujourd'hui, le soleil fait enfin une timide apparation. Aprés une grasse matinée bien méritée suite à notre longue nuit étoilée de la veille, nous nous promenons le long de l'océan Pacifique. La côte de la Serena ressemble à s'y méprendre à tous ces bords de mer touristiques : longues avenues et immeubles de villégiature. Sauf que nous sommes en hiver. Donc tout est désert. Les plages de sable fin sont vides. L'avenue qui borde l'océan n'a pas de voitures. Seuls quelques piétons se baladent le long de l'océan bras dessus bras dessous. Nous sommes de ceux-là. Un "empañada" (sorte de chausson) aux fruits de mers par-ci, une glace par-là et la journée coule doucement.
Ce soir nous partons pour Valparaiso, un port encore plus au sud et proche de Santiago.

Mercredi 1er juin - Soleil, Pisco et étoiles

Pour ceux qui ne suivent pas, nous sommes toujours au Chili. Mon commentaire de la veille était juste par rapport à la situation que nous avions connu en Bolivie les semaines précédentes. Nous avons décidé de quitter à regret ce pays à cause de l'instabilité qui y régnait. Les événements actuels nous confortent malheureusement dans notre choix : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3222,36-656759@51-643387,0.html
Aujourd'hui est une longue journée au CHILI (pour ceux qui ne suivent toujours pas...). Nous remontons la vallée de l'Elqui et quittons enfin les nuages bas qui s'accrochent à la côte. Contrairement au reste de la région, ici, l'intérieur du pays n'est pas complétement désertique. Des conditions climatiques particulières et la proximité d'une rivière providentielle confèrent à cette vallée des vertues agricoles de premier ordre. On parvient notament à y cultiver des fruits généralement présents dans des zones tropicales comme la papaye ou la "chilimoya" (Je prononce à l'espagnol mais la véritable orthographe est "chiRimoya"). Au fur et à mesure que nous montons le long de la vallée de l'Elqui, la végétation se modifie peu à peu pour devenir de type méditerranéen. On y rencontre principalement des vignes qui servent à la fabrication d'un alcool : le Pisco. Pour ceux qui suivent et se rappellent vraiment de toutes nos aventures, nous avons déja visité une ville portuaire au Pérou qui s'appelait Pisco et qui se vantait de produire un alcool du même style basé sur la distillation du raisin. Et bien, historiquement, c'est le même! Au temps des colonies espagnoles, seul le port de Pisco au Pérou était habilité à exporter l'alcool produit dans la région de l'Elqui. Commercialement, cet alcool a pris le nom de Pisco. Lorsque le Chili a obtenu son indépendance, celui-ci a continué à vendre son alcool sous cette appelation. Les péruviens, de manière habile, ont brouillé les cartes en créant de toute pièce un alcool similaire dans la région de Pisco. Il existe donc bien deux Pisco : l'un au Pérou et l'autre au Chili. Les chiliens, afin de péreniser le nom, ont même renommé un village en "Pisco-Elqui" afin de rendre tout cela plus clair... Vous me suivez? Bon. Vous me suivrez encore moins lorsque vous en serez à votre troisième verre de dégustation de "Pisco Sour", le coktail phare à base de Pisco : 3 doses de Pisco, 1 dose de jus de citron, sucre et glace...
La pause déjeuner s'effectue dans un restaurant atypique puisqu'il fonctionne uniquement à l'énergie solaire. La vallée de l'Elqui est réputée pour son ensoleillement quasi permanent : plus de trois cent jours de soleil par an. Le restaurant ne ferme donc pas souvent. Pour les curieux, la cuisson de chaque plat s'effectue dans un four solaire individuel qui concentre avec des mirroirs les rayons du soleil en son centre. Ainsi, devant le restaurant sont placés une vingtaine de ces fours, chacuns destinés à un plat : pain, soupe ou poulet. Certe, la cuisson est lente mais tout est chaud et trés bon dans l'assiette!
Sur les monts surplomblant la vallée de l'Elqui pousse une drole de variété de cactus : les télescopes. Les conditions climatiques et la qualité du ciel sont parmis les meilleures au monde pour l'observation des astres. Les scientifiques européens et américains ont construits plusieurs télescopes dans la région afin de regarder toujours plus loin dans l'univers et dans le temps. La commune de Vicuña a eu l'intelligente idée de faire partager cette fièvre scientifique au commun des mortels en construisant un superbe télescope "semi-amateur" avec coupole et tout le reste. Nous restons donc dans la soirée afin de profiter cette opportunitée. La visite est trés didactique et nous plonge dans l'infini de l'univers. Notre guide nous montre un point dans le ciel. Pour nous, une simple étoile. Mais la même "étoile" vue dans le télescope est en fait un amas d'étoiles. Et chacune de ces -soit disant- "étoiles" est encore un groupe d'étoiles! Et chacune est une galaxie. C'est à dire un groupe de systèmes solaires comme le notre. Bref, il y en a des millions et cela donne le tournis! Nous sommes vraiment tout petit. Moins qu'un grain de sable au milieu de l'univers... Du coups, on regarde le ciel nocturne avec un autre oeil: celui de l'humilité. Pour les purs passionnés (J'ai beaucoup pensé à toi François-Xavier!) et afin de donner un ordre d'idée de la puissance du télescope, nous avons pu voir Jupiter comme une grosse bille avec ses traits et ses sattelites. Voila, je vous laisse rêver à l'infini et à l'univers toujours en expansion. Finalement, je vais reprendre un autre Pisco Sour. Santé! A l'univers et à son créateur! Hips.

Mardi 31 mai - La Serena

Pas grand-chose à dire aujourd'hui. Le ciel est toujours gris et il fait toujours trés frais. Nous nous promenons dans la ville et ses rues commerçantes. Tout nous rapproche de l'Europe : les gens, la mode et les prix. A part la langue, peu de choses nous permettent de nous sentir loin de chez nous. C'est à la fois sécurisant et frustrant. Je dois avouer que je me sens un peu comme au Havre ou à Caen au mois de novembre. Il faut juste changer tous les blonds par des bruns et vous y êtes... Le soleil nous manquant un peu, nous allons nous diriger dans l'arrière-pays qui regorge de curiosités scientifiques, gastronomiques et culturelles. Du haut de la vallée de l'Elqui, nous devrions être au dessus des nuages...
Un petit mot de politique trés subjectif. Vue d'ici, la France ressemble étrangement à la Bolivie. Rien n'y parait trés logique: c'est l'intéret immédiat qui prime et tout le monde rale! Vivement les prochaines présidentielles que l'on rigole encore un coup!