Samedi 21 mai - Entre Sucre et Potosi

A peine trois heures de routes séparent Sucre de Potosi. Nous flanons encore un peu dans la capitale bolivienne avant d'entamer notre petit trajet vers Potosi l'impériale.
La richesse et la notoriété de cette dernière proviennent de la montagne au pied de laquelle elle se situe: le Cerro Rico. Cette montagne rouge regorge de minerais en quantités considérables et facilement exploitables. Parmi ceux-ci, c'est la'rgent qui prédomine. Les incas connaissaient l'emplacement et les gisements de cette montagne mais n'ont jamais exploité le filon pour des raisons religieuses. A leur arrivée, les espagnols ne se sont pas privé de creuser les entrailles de la montagne en utilisant toutes les ressources humaines qu'ils ont pu asservir à cet fin. Progressivement, Potosi est devenue la principale source de revenu de l'empire espagnole. Tout l'argent était extrait en quantité considérable, fondu puis transformé en monnaie. Cette monnaie innondait ensuite toute l'Europe et gonflait ainsi artificiellement la puissance économique de l'Espagne. On a coutume de dire que la capitalisme a commencé à cette période. Des pays comme la France ou l'Angleterre ont, par ricochet, développé fortement leur économie en devenant des marchands bénéficiant grassement des deniers de la "banque" Espagne qui pouvait s'acheter tout et n'importe quoi. Et c'est finalement ce pays qui patiera le plus de cette situation lorsque la source de revenus se tarira au moment de l'indépendance de la Bolivie.
Vous l'aurez compris, Potosi est une ville à part. A 4000 métres d'altitude, sa richesse passée a laissé des traces dans l'architecture locale et les arts. Les mines sont toujours actives mais leur rendement est désormais ridicules car les gisements intéressants sont de plus en plus profonds.
Cette ville est dans une des régions les plus pauvres de Bolivie. Le climat y est rude mais la population des mineurs est toujours aussi active (on en dénombre encore 42 000). Leurs conditions sont précaires et leurs permettent tout juste de vivre. Leur ésperance de vie est de 50 ans. Un autre monde...
A coté de cela, les musées et édifices religieux sont parmis les plus réputés de Bolivie. Nous visitons dans l'apres-midi un couvent carmelite d'une richesse extraordinaire. La "dot" pour le droit d'entrée était extremement élevé. Seules les plus riches familles espagnoles pouvaient y faire rentrer leur fille (traditionnellement la deuxième). Du coups, le musée est trés intéressant car il retrace à la fois la vie des carmélites mais aussi l'histoire de l'art potosien à travers les diverses donnations effectuées aux cours des siècles.
Le soir tombe sur Potosi et sa montagne: il fait très froid lorsque le soleil disparait!