Samedi 14 mai - Camel Trophy

La veille, nous pensions avoir reservé deux places dans un bus. Il est cinq heures du matin lorsque notre "bus" arrive : un Toyota Land Cruiser... Il y a du monde qui attend et je doute que nous rentrions tous. Pourtant, tout le monde donne ses bagages au conducteur qui les place sur le toit du 4x4... Le véhicule possède deux banquettes derrière la place du conducteur. Le gens s'entassent à quatre par rangées. Nous prenons les deux places à côté du conducteur (de loin les plus confortables!). Il y a donc bien dix passagers à l'intérieur de la voiture (nous en prendrons même un autre sur le toit par la suite!)!
Mes derniers doutes sur l'utilisation d'un 4x4 plutôt que d'un bus s'estompent vite. La route est chaotique à souhait: pentes à quarante cinq degrés, trous énormes, passages à gué de fleuves ou bourbiers énormes. Il y a tous les ingrédients d'une étape du Camel Trophy! Notre conducteur mène tout cela d'une main de maitre. Son look est celui d'un garagiste avec sa blouse de travail. Petite moustache, casquette vissée sur le front et démarche nonchalante à la Clint Eastwood, "Don Jesus" (c'est son nom) en impose! Surtout lorsqu'il racle sa gorge et crache sechement par la fenetre de son "Toy".
Petite parenthèse pour les accrocs aux voitures (et pour Julien en particulier) . Durant toute notre traversée des Yungas, nous n'avons rencontré qu'une seule et unique marque de véhicules : Toyota. Ce sont visiblement les seules qui tiennent dans ces contrées où le bitume n'existe pas et où la pluie inonde tout trois mois par ans.
Retour à notre trajet : cela secoue beaucoup! Il me semble quelques fois que nous défions les lois de la physique en franchissant des obstacles insurmontables. Mais Don Jesus est toujours imperturbable. Nous surplombons des précipices impressionants alors que nous sommes déja bien trop penchés à mon goût... Oui, j'ai eu un peu peur de temps en temps...
La route monte toujours. Nous abandonnons la forêt luxuriante pour nous retrouver dans un paysage de montagnes plus classique. Le trajet commence à devenir long. Les lacets s'enchainent. Nous montons toujours. Le soleil commence à taper plus durement.
Enfin, nous arrivons à Sorata après huit heures entassés dans cette voiture. Extenués, nous sommes heureux d'arriver. La vue est splendide. En face de nous la Cordillère Royale réapparait dans toute sa splendeur. Les cimes enneigées de l'Illampu et de ses petits frères donnent au village une ambiance de carte postale : le village, les flancs verts, les cimes blanches et le ciel d'un bleu éclatant. On se croirait à Chamonix en été mais en plus vert, plus vaste et plus "nature".
Sorata est réputé pour ses nombreux départs de randonnées dans la Cordillère Royale. Pour l'instant, nous reprenons notre souffle après ces multiples et éprouvants transports. La vue nous suffit amplement...

Le Toy de Don Jesus.

1 Commentaires:

Anonymous Anonyme said...

Hum ! Chamonix en vue ? Serait ce déja une envie de retour au pays ?...A+. Alain

17 mai, 2005 17:40  

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