Jeudi 12 mai - Chercheurs d'or

Que sommes-nous venus faire à Guanay? Voir les chercheurs d'or! Cette région des Yungas a connu la fièvre de l'or dans les années 70-80. De grosses fortunes se sont constituées à cette époque. L'une des légendes du coin est "Goni", président sortant de la Bolivie. Celui-ci a été elevé aux Etats-Unis avant de s'enrichir dans la région. Cet or a certainement contribué à sa victoire aux élections présidentielles de 2002. Quand on sait qu'il parle mieux anglais qu'espagnol (dixit les boliviens), on peut admirer la prouesse électorale...
Les exploitations qui existent encore actuellement sont de deux types : les individuelles et les coopératives. Il faut savoir que le filon aurifère s'est fortement tari. Les gains sont minimes et les revenus sont faibles. On voit encore de nombreuses personnes le long des rivières en train de tamiser l'eau: ce sont les chercheurs individuels. D'autres se sont regroupés sous forme de coopérative afin d'industrialiser la prospection. C'est l'une d'entre elles que nous allons visiter.
Aprés une heure de marche à flanc de rivière, nous arrivons à notre "mine". Le travail est simple mais extrement physique : il faut creuser la montagne. Comment faire? Avec de l'eau. Un mineur tient une lance et propulse l'eau sous pression contre la paroi de la montagne. Un torrent de boue se déverse le long de la paroi et se concentre dans un ruisseau que les mineurs ont creusé. Le long de ce "ruisseau" de boue, des plaques trouées faisant office de tamis récupèrent les particules d'or emportées par le courant. Les autres mineurs se trouvent le long de ce torrent et veillent à ce que la boue s'écoule toujours plus bas. Ils retirent des caillous énormes et poussent la boue en aval. Le travail est extremement physique et ne possède aucun répis : tant que la boue coule à flôt, il faut que le courant soit fluide... Heureusement, le chef d'équipe coupe l'eau toutes les heures afin que les mineurs puissent prendre une pause.
Le travail est rude et la récompense est faible. Mais on peut toujours lire dans le regard des mineurs l'espoir de trouver "LE" filon. Celui qui changera leur vie. Celui pour lequel toute cette sueur et tout cet acharnement n'aura pas été vain. Mais pour l'instant, l'eau coule toujours. Les pierres sont toujours aussi grosses. La boue est toujours aussi lourde. Et l'or se compte en grammes par jour...

Les mineurs en plein travail.


Tout ca pour ca...