Dimanche 8 mai - La vallée de la mort

Nous partons de la Paz en camionnette pour nous arreter à un col situé à 4700 mètres d'altitude. De là, nous revettons notre équipement de cycliste et enfourchons nos vélos. Nous sommes quatre au départ : deux danoises, Nadège et moi. Mais déja l'une des nordistes renonce suite au mal d'altitude qui la saisit (maux de têtes, fatigues, nausées...). Nous ne sommes donc plus que trois à suivre notre guide dans cette descente qui va nous mener jusqu'à un village situé à 1200 mètres d'altitude. La première partie s'effectue sans difficulté sur une route bitumée et dans un décor grandiose de montagnes arides. On se sent presque dans une étape de montagne du tour de France mais toujours en descente! La température se réchauffe progressivement au fil de notre route.
Après deux petites côtes, nous effectuons une nouvelle pause à un col. Notre guide prend un air plus sérieux pour nous annoncer que nous allons entamer la descente de la "vallée de la mort" proprement dite. En face de nous, le paysage change radicalement : la verdure et les arbres se sont densifiés, la chaleur est plus moite et les nuages s'accrochent nonchalamment à ces pentes résolument vertes. Notre guide nous énonce quelques règles de sécurité : toujours rouler à gauche (et oui!) et s'arreter dés que l'on rencontre un véhicule. Comme son nom l'indique, cette route est très meurtrière: environ un accident mortel par mois (il y a même quelques stèles dédiés à des cyclistes sur le chemin!)...
Et c'est parti! La route est désormais en terre. Celle-ci est très étroite : pas plus de trois mètres de large par endroit. En contrebas, on ne voit pas toujours le fond des vallées tellement elles sont profondes. Cette route est pourtant la seule reliant la région des Yungas (région de jungle montagneuse) à la Paz. Heureusement, le trafic n'est pas très dense: environ un véhicule tous les quarts d'heure. La seconde danoise abandonne très rapidement par peur. Je ne m'en rends pas bien compte mais la route est très impressionnante entre précipices vertigineux et forêt luxuriante.
Nadège suit tant bien que mal. Le vélo n'est pas sa passion et elle est aussi victime de la crainte que suscite ce chemin. En permanence les mains serrés sur les freins, elle s'arrete finalement au bout d'un tiers du parcours. Me voila seul avec mon guide. Celui-ci me jauge en accelerant progressivement la cadence. Je pense que nous allons vite car nous doublons un à un tous les autres groupes de cyclistes pour finalement attendre au terme de notre périple un quart d'heure notre voiture balaie qui n'est pas parvenue à nous suivre. Je ne pensais pas que je m'amuserais autant dans cette descente! Bizarrement, je n'ai jamais ressenti la moindre peur car nous étions quand même prudents dans les virages en aveugle et dans les croisements de véhicules.
Nous voila donc dans les Yungas! Au programme : jungle (mais pas trop dense!) et montagne. Notre véhicule nous monte ensuite jusqu'à Coroico. La sortie "classique" en VTT inclut le retour sur la Paz. Mais nous laissons repartir notre groupe car nous restons à Coroico. Le cadre est agréable. Ce village est niché en haut d'une montagne d'où la vue panoramique est grandiose : d'un côté la Cordillère Royale et ses sommets enneigés, de l'autre, des vallées encaissées et verdoyantes. Nous sommes à 1700 mètres d'altitude et la température est agréable de jour comme de nuit. Un petit coin de paradis que nous allons apprécier tout en douceur...

Entre verdure et falaises.

1 Commentaires:

Blogger Pidji said...

Bon, allez! Avoue que tu t'es entraîné dur aux descentes vertigineuses en VTT (mais oui, rappelles-toi la virée avec Daniel dans le Jura)

18 mai, 2005 11:59  

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