Dimanche 15 mai - Vite vite vite

Sorata est un village paisible dans lequel nous esperons passer encore un ou deux jours. Une première petite randonnée dans la matinée nous confirme dans cette idée: nous repartirons trnquilement demain.
En fin d'aprés-midi, tout se précipite lorsque nous souhaitons reserver notre bus pour demain: il n'y en aura pas! La raison? Toutes les routes seront bloquées!
Il est temps de faire un petit tour rapide de la géopolitique locale. Le président actuel fait partie d'une coallition vaguement libérale. Mais il est tallonné par un mouvement de gauche assez populiste qui se nourrit de la pauvreté et des crises qu'ont subi divers secteurs économiques(mines, culture de la coca, etc...). Le pays est coupé en deux: d'un côté, des boliviens qui croient au système mis en place et savent en profiter, de l'autres, des exclus toujours plus nombreux qui ont perdu tout repère et tout avenir. Et le fossé se creuse encore plus suite à une loi en discussion : la loi sur les hydrocarbures. La Bolivie possède -en effet- de nombreuses ressources pétrolières et depuis peu de riches gisements de gaz. Dans un soucis d'ultra-liberalisme ("Goni", vous vous souvenez?) et afin de se plier aux exigences du Fond Monétaire Internationale, les gouvernements précédents ont tout simplement vendu ces richesses à des entreprises étrangères. Mais depuis peu, la majorité au parlement (élu par le peuple) n'est plus à droite. Du coup, le parlement a voté une loi afin de récuperer et de re-nationaliser les ressources issues du gaz. Il suffit désormais d'une signature du président actuel, Carlos Mesa, pour que cette loi devienne active. Mais ce dernier refuse de la signer pour plusieurs raisons. Idéologiquement, Carlos Mesa est de droite. Pratiquement, une telle loi refroidirait les investisseurs étrangers. Elle risquerait même d'entrainer des sanctions de la part d'organisme tels que l'OMC ou le FMI. Bref, le président temporise en parlant de "rediscuter" la loi. Mais tous les laissés pour compte veulent cette loi maintenant car elle renflouerait rapidement les caisses de l´état. Ils ont donc décidé de marcher sur la Paz et de couper toutes les routes y menant.
Voila pourquoi nous devons partir maintenant! A peine le temps de retourner à l'hotel et de ranger nos affaires et nous prenons le dernier bus avant longtemps en direction de la Paz...
Nous montons encore pour atteindre l'altiplano puis replonger sur la Paz. Aprés un trajet de cinq heures, la Paz nous revoila!