Vendredi 29 avril - L'île de Taquile

Aprés un bon petit déjeuner à base de beignets, nous embarquons pour visiter une nouvelle île : Taquile. Le principe est un peu le même que dans l'île précédente : garder ses traditions et vivre dans des conditions propres à l'île. Encore une fois, pas d'électricité ni de voiture. Même pas de chiens ni de chevaux. Ici, la "gestion" du patrimoine semble meilleur car les hommes ne sont pas partis et ont même gardé leur habit traditionnel. D'aprés mes sources (mais certainement pas celles de notre guide qui a confondu notre visite culturelle avec un camp du Club Med), la différence réside dans la gestion sous forme de coopérative des ressources de l'île que sont l'agriculture et le tourisme. La croissance est mieux gérée car mieux répartie. Les velleités individualistes propre à notre civilisation ultra-libérale sont mieux canalisées. Il n'existe pas de concurrence néfaste : les produits et les prix sont identiques et fixés dans toute l'île de la même manière pour les touristes. Il m'a semblé que tout semblait plus simple sur cette île. Mais nous devons déja repartir... Je ne peux donc confirmer cette simple impression.
Le retour est long : trois heures sur un bateau à moteur en plein soleil. On est content quand on arrive!
Ce soir, nous passerons notre dernière nuit au Pérou. Demain, nous partirons pour l'autre côté du lac Titicaca en Bolivie...

Taquile, entre verdure et bleu azur.

Jeudi 28 avril - Uros et Amantani

Nous partons à la découverte du lac Titicaca. Je ne rentrerai pas dans les détails géographiques de ce lac mondialement connu. Un seul point à noter : il est caracterisé par un climat sec et chaud le jour et froid la nuit. Durant la journée, le soleil omniprésent et proche (nous sommes à plus de 3900 mètres) donne toujours une sensation de chaleur mais il faut faire trés attention au coups de soleil et la température réelle n'est pas si élevée. Il fait frais dés que l'on est à l'ombre et les nuits sont froides.
La première partie du lac que nous visitons est assez paisible. Nous naviguons au milieu des roseaux à la découverte des îles flottantes des Uros. Les Uros étaient des indiens (désormais disparus) qui avaient su apprivoiser cette partie du lac en confectionnant des îles flottantes à partir des roseaux environnants. Le résultat est spectaculaire: en débarquant sur ces îles, on ne parvient pas au premier coup d'oeil à réaliser qu'elles sont artificielles tant leur taille est importante et la vie sur celles-ci y semble "normale" autour des huttes et des autres bâtiments. Deux détails permettent néanmoins de réaliser la prouesse technique et la magie de ce travail : le sol est uniquement constitué d'une sorte de paille de roseaux et il bouge au passage des bateaux. Ce sont donc bien des îles flottantes! Aujourd'hui, le tourisme est la principale source de revenus pour les personnes qui vivent encore sur ces îles et les entretiennent.
Nous repartons pour deux heures navigations qui nous mènent jusqu'à l'île de Amantani. C'est là que nous dormirons. Dans des conditions sommaires mais confortables, nous sommes accueillis sur l'île par une famille qui nous hébergera et nous nourrira jusqu'au lendemain matin. Ici, pas d'electricité ni d'eau courante. L'île est habitée par 5000 personnes qui vivent de l'agriculture et... du tourisme. Il s'agit encore ici de préserver un mode de vie et des traditions propres à cette île. Je n'arrive pas à évaluer si ce système va dans le bon sens ou pas. D'un côté, la manne du tourisme permet à ces familles de ne pas quitter l'île pour mieux vire ailleurs. De l'autre, comment imaginer rester longtemps dans un tel environnement lorsque chaque touriste apporte avec lui son image d'un "monde occidental meilleur" (mais c'est tout relatif)? Beaucoup d'hommes ne vivent déja plus sur l'île afin de mieux gagner leur vie ailleurs. Mes impressions s'emmellent un peu et je manque de recul. Je serai curieux de retrouver notre famille d'accueil dans plusieurs années pour savoir dans quel sens tout cela va évoluer...
A part cela, l'île est splendide de jour comme de nuit. C'est un peu la Croatie par les couleurs. Ce sont les Andes enneigées que l'on voit au delà de ces eaux turquoises. Ce sont ces petites cultures en étage qui s'egrainent paisiblement à flanc de colline. Et la nuit, des étoiles partout, des voies lactées et encore des étoiles... Un peu de rêve et de romantisme. Loin, trés loin des premières lueurs de la modernité.

Uros, ile flottante sur des roseaux.

Mercredi 27 avril - De Cusco à Puno

Nous quittons Cusco en bus dans la matinée. Le trajet grimpe un peu au départ. Nous traversons ensuite une région qui ressemble aux Alpes au dessus de 2000 mètres en été. Sauf que nous sommes aux alentours des 4000 mètres et qu'il y a des lamas... La route se poursuit à cette altitude mais les vallées s'évasent de plus en plus. Les sommets deviennent lointains et le paysage s'applanit. Nous pénétrons dans cette zone géographique qui se nomme l'Altiplano.
Nous arrivons en fin d'aprés-midi à Puno. Nous voyons enfin le lac Titicaca. De par sa couleur turquoise et ses montagnes lointaines, il se rapproche plus de la Mer Méditerrannée que du lac Léman. Nous sommes à 3800 mètres au bord du "plus haut lac navigable du monde" (dixit la pancarte à l'entrée de Puno).
Bon, je vous laisse car je vais fêter dignement mon anniversaire dans un bon restaurant avec Nadège. Mais pas de grosse fête car nous partons demain pour une excursion de deux jours sur les îles du lac Titicaca!

Mardi 26 avril - Flaneries dans Cusco

Cusco regorge de lieux historiques et ne se visite pas en un jour. Alors nous nous perdons encore avec plaisir dans ses rues et ses ruelles. Notre programme culturel sera trés pieux puisque nous visiterons la cathédrale qui se situe sur la place principale (plaza de armas) et le monastère Santo Domingo. C'est toujours une occasion supplémentaire d'apprécier ce mélange entre les cultures indigènes et la culture espagnole. Ainsi, le monastère possède les fondations d'un temple inca et les pierres de la cathédrale proviennent d'un autre site inca sur les hauteurs de Cusco(Sacsayhuaman pour ceux qui connaissent). Les peintures et sculptures sont souvent de "l'école de Cusco". Cette mouvance artistique est le produit d'indiens ayant assimilé la culture et l'art chrétien européen. Mais avec quelques différences notables : références fréquentes au soleil et à la lune (symboles incas), représentations de scènes bibliques avec des habits andins ou vierges vétues d'une robe particulière lui donnant la forme d'une montagne. Il y a beaucoup de détails de ce style qu'il est amusant de découvrir au fur et à mesure de nos visites...
Mais pour nous, ce sera notre dernier jour: nous partons demain pour les bords du lac Titicaca (à Puno exactement). Et toujours pas de photos, désolé...

Lundi 25 avril - Putucusi

Agua Calientes est le village au pied du Machu Picchu dans lequel nous dormons. Il est le point d'accés unique pour monter au site (soit en bus soit à pied). Ce village n'est relié à la "civilisation" que par la voie ferrée qui le traverse. Cette situation particulière et le tourisme intensif qui y règne ont transformé ce village en un eldorado où tout se monnaie à prix fort. Ici tout est deux fois plus chère qu'ailleurs sans aucune autre raison que ces deux mots : "Machu Picchu". Nous en avons eu la preuve à plusieurs reprises : en discutant un peu, on parvient à faire redescendre les prix à des valeurs raisonnables. Le village n'est qu'une succession de magasins d'artisanat, de restaurants et d'hotels. Il est quasi impossible de s'y sentir comme dans un village normale.
Nous n'étions pas au courant de tout cela lorsque nous avions decidé de rester deux nuits ici. Pour fuire cette tornade marchande, nous avons trouvé une petite randonnée qui nous a permis de dominer le Machu Picchu depuis une montagne qui lui fait face : Putucusi. La vue est splendide et nous avons été seuls pendant toute notre excursion : hors du Machu Picchu, point de salut! De ce côté-ci, le Machu Picchu perd de sa prestance et de son coté sauvage. En effet, on peut voir distinctement tous les lacets de la route qui mène à ses portes. Encore plus impressionnant est le ballet incessant des bus qui montent et descendent. J'en compte en moyenne une dizaine... Je me remémore notre sortie du site la veille : une queue de 50 mètres pour acheter son ticket (à environ 25 US$...).
Le Machu Picchu est une douce folie que nous quittons le soir même par un train direct pour Cusco.

Dimanche 24 avril - Le Machu Picchu

Nous nous levons vers 4 heures et demi pour prendre notre petit-déjeuner et partir vers 5 heures. Munis de nos lampes frontales et aidés d'une lune bien remplie, nous entamons la petite ascension qui doit nous mener jusqu'au site du Machu Picchu. Le chemin est raide et bien balisé. C'est tout de même assez drole de marcher dans la pénombre de la jungle! Il fait jour lorsque nous arrivons en haut. Il est un peu plus de 6 heures. Le site vient juste d'ouvrir. C'était notre unique objectif de la journée: arriver sur le site avant le flôt des touristes. Nous serons récompensés de nos efforts et de notre perséverance.
Le temps est parfait pour apprécier l'atmosphère mystèrieuse du Machu Picchu : il fait gris et les montagnes sont accrochées dans la brume. Devant nous s'étale cette cité perdue qui brille comme un joyau dans un écrin de montagnes. Car le Macchu Picchu n'est pas trés haut par rapport aux montagnes qui l'entourent. Il domine pourtant deux vallés trés encaissées et spectaculaires. Mais ici, tout est spectacle: la végétation, les montagnes, les ruines et le ciel. Je préfère parler du "site" du Machu Picchu et non de la "cité" car c'est un tout qui dégage une impression de beauté sauvage et d'harmonie assez étrange.
Cette harmonie va d'ailleurs se dissiper progressivement dans la matinée : à partir de 6h30, un service de bus commence à déverser toutes les 10 minutes un flôt de touristes qui rend le site de moins en moins sauvage. Vers 8 heures, des nuages commencent à monter des vallées et recouvrent le site. Nous sommes en Ecosse : le brouillard et la pluie perturbent un peu la fin de notre visite. Il y a désormais beaucoup de monde et la visibilité est trés réduite. Nous nous sommes déja promenés (et perdus...) longuement dans les différents "quartiers" de la cité. On nage entre l'admiration pour le travail accompli et le rêve de cette civilisation disparue.

Les photos du Machu Picchu désert et sauvage sont rares...

Samedi 23 avril - En route vers le Machu Picchu

Encore des ruines aujourd'hui. Toujours différentes mais que de pierres! Nous nous demandons quelques fois si cela vaut vraiment la peine d'aller jusqu'au Machu Picchu car nous commencons à faire une overdose de ruines... Nous effectuons une randonnée jusqu'au site de Pisac qui constitue une bonne révision en miniature de ce que sera le Machu Picchu : longues et impressionnantes terrasses en étage, temples et habitations dans un superbe décor. En fin de journée, nous visitons Ollantay Tambo, petit village flanqué au pied d'une montagne couverte de ruines incas. Il s'agissait de la dernière forteresse avant d'arriver au Machu Picchu. C'est d'ailleurs la dernière que les conquistadores espagnols ont conquis sans jamais découvrir que, bien plus loin de la vallée, se cachait le Machu Picchu...
Apres avoir passé notre journée à sauter de bus en bus et de site en site, nous prenons depuis Ollantay un train qui nous mène en deux heures au pied du Machu Picchu dans le village de Agua Calientes. Demain sera le grand jour...

Vendredi 22 avril - Détente à Cusco

Nous nous promenons tranquillement dans Cusco sans but précis. Il est agréable d'y errer entre ses ruelles chaleureuses et ses tumultueuses avenues. J'ai pris beaucoup de retard dans mes récits. Je rencontre toujours des problèmes pour charger des photos sur internet. Pour couronner le tout, je suis un peu malade : je pense avoir pris un coups de froid sur l'estomac. Mais cela va déja mieux.
J'aurais beaucoup de choses à dire sur Cusco. De n'est manière générale, ce n'est pas le Pérou! Contrairement aux régions que j'ai pu visiter auparavant, ici, le Pérou s'est dilué dans le tourisme. Les étrangers sont trés nombreux et la ville s'y est adaptée. On s'y sent beaucoup plus en sécurité qu'ailleurs (tant que l'on ne s'éloigne pas trop du centre). Beaucoup de villes péruviennes ont perdu de leur charme architecturale au gré des séismes qui ont secoué le Pérou. Ici, toutes les rues ont conservé un style coloniale: on tombe tout de suite sous le charme de ses balcons en bois, de ses rues pavées et des ses multiples églises. Même si la ville vit principalement du tourisme, on se sent -paradoxalement- un peu moins "agressé" qu'ailleurs par les vendeurs à la sauvette et autres cireurs de chaussures (mais c'est tout relatif : il faut compter une rencotre tous les quarts d'heure si vous vous promenez dans la ville. On s'y habitue...). Pas mal des restaurants et hotels ne sont pas tenus par de péruviens. Du fait du cadre agréable de la ville, beaucoup d'occidentaux s'y installent pour monter leur petite entreprise. Le seul point qui me gène un peu est l'attraction que génère cette ville pour les capitaux étrangers au détriment du reste du pays. Tout cet argent rejaillit sur le niveau de vie des cusceniens qui semblent globalement plus élevé qu'ailleurs (attention : la pauvreté y est quand-même largement présente!). Il en est de même de l'humanitaire et de l'aide sociale que je vois pour la première fois depuis le début de mon petit périple péruvien.
Quand une ville est belle et possède de telles atouts, tout semble plus facile. Avis à toutes les villes du monde: si vous voulez vous développer, soyez séduisantes!

Jeudi 21 avril - Que de ruines

Nous partons de Cusco pour visiter les différentes ruines incas aux alentours de la ville. Nous décidons d'effectuer tout notre trajet à pied. Cette belle randonnée de sept heures nous fera découvrir en grimpant sec plusieurs aspects de l'architecture incas: forteresses, lieux de culte et bain de l'Inca... L'Inca est l'équivalent de notre roi. La plupart des ruines ne possèdent plus que leurs fondations. Cusco était le centre névralgique de l'empire incas au moment où les espagnols sont arrivés. Aprés leur victoire, ces derniers se sont acharnés à effacer les traces de cette empire. L'objectif : christianniser la région. C'est pourquoi, Cusco est batie sur des fondations incas (beacoup de pierres en témoignent encore) et est recouverte d'églises. Dans les environs, toutes les pierres des édifices incas ont servi à re-batir Cusco sur de bases coloniales qui sont celles que nous connaissons aujourd'hui. La transformation est saisissante et impressionnante!

Samedi 16 avril - Le long de la côte

Aprés une nuit à Lima, nous descendons vers le sud en longeant la côte pacifique jusqu'à Pisco, petite ville portuaire à 300 kilomètres de la capitale. Le trajet est assez monotone car, malgré de belles plages désertes (l'eau est tres froide!), le paysage est un univers uniforme de rocail jaune.
Un seul commentaire: j'ai enfin découvert d'où venait le poulet. Il faut savoir que l'aliment de base de la nourriture péruvienne est le poulet. On le trouve partout et à toutes les sauces. Pour moi, venant d'Argentine et habitué au boeuf et à l'agneau succulent, ce fut un petit choc et j'avoue être réticent à en manger. Et bien maintenant, je sais pourquoi: l'élevage y est extremement intensif et fait dans des conditions incroyables. On trouve souvent le long de la route, des sortes de "serres" à l'air libre d'une centaine de mètres de long. J'ai mis du temps avant de voir qu'à l'intérieur de celles-ci grouillaient des milliers de poules vivant dans cette chaleur étouffante et sous ce soleil assommant. Je ne sais pas comment elles sont nourries ni comment elles survivent. Mais une chose est sure : je mangerai encore un peu moins de poulet demain!

Vendredi 15 avril - Cours de géographie

Notre journée se passe principalement dans le bus à re-traverser d'une seule traite le chemin parcouru les jours précédents. Il s'agit d'une bonne révision de la géographie du Pérou que l'on peut schématiser ainsi: le pays est constitué de trois types de paysages bien distincts. A l'est, la moitié du territoire est occupée par la jungle épaisse torride et humide. Au milieu, la cordillère des Andes offre un climat montagnard assez chaud en journée en dessous de 4000 mètres. A l'ouest, la côte péruvienne est un véritable désert : rien n'y pousse et il y fait trés chaud.
Les transitions sont saisissantes sur notre route de 300 kilomètres qui traverse le pays d'est en ouest. Nous quittons la jungle humide où tout pousse si facilement (trois récoltes de fruits par ans, légumes diverses...) pour monter dans les Andes au climat sec mais où des cultures plus "traditionnelles"(céréales, maïs, pommes de terres, ...) sont présentes jusqu'à plus de 4000 mètres. Enfin, la chaleur nous saisit lorsque nous nous raprochons de la côte. Les 50 derniers kilomètres jusqu'à Lima se font entre des montagnes de plus de 2000 mètres entièrement couvertes de pierres jaunes. Rien ne pousse et la réverberation du soleil y est écrasante.
Ainsi, on comprend mieux comment fonctionne le pays. La mégapole Lima ne possède aucune agriculture aux alentours: tous les produits alimentaires viennent du reste du pays.Un pays riche et varié géographiquement et au niveau de l'agriculture.

Jeudi 14 avril - Bonus Jungle

Cette journée n'était pas prévue au programme car nous devions théoriqument rentrer aujourd'hui. Mais nos guides avaient envie de rester une journée supplémentaire. Comme la région est agréable, nous avons accepté leur proposition. Il s'agit pour nous d'une journée de détente. Notre nouveau logement se situe dans un bungalow autour d'orangers et de mandariniers à deux pas de la jungle : un cadre paisible et accueillant au milieu de la nature et des arbres fruitiers. Nous nous reposons dans ce havre de paix et nous promenons dans la jungle alentours à la découverte d'une nouvelle cascade. Rien d'extraordinaire mais que c'est agréable et doux avec Nadège!

Mercredi 13 avril - Encore la jungle

Nous passons une nouvelle journée à explorer les trésors de la jungle de la "Selva Central". Celle-ci commence par la visite d'une communauté d'indiens : les Ashaninkas. Ces derniers vivent du tourisme et de l'artisanat. Je suis toujours un peu géné par ce genre de visite (Nadège aussi) car je crains de rentrer dans un "zoo" ou une "réserve" humaine. J'avais déja eu la même crainte lors de ma rencontre avec des indiens dans le nord de l'Argentine. Mais je commence à saisir la logique de tout cela: comment les indiens peuvent-ils survivre et préserver leurs traditions? En s'adaptant à notre logique capitaliste. C'est à dire en vendant leur culture, leur histoire et leur savoir-faire. Ainsi, leur manière de vivre peut demeurer intact tout en leur fournissant un revenu leur permettant de "survivre" dans un système qui les a encerclés.
La "Selva Central" est une jungle montagneuse. Les cascades et les rivières étant trés nombreuses, nous devions fatalement voir quelques chutes d'eau spectaculaires. La "cataratas de Bayoz" a comblé nos attentes. Dans un décor vert et luxuriant, des superbes chutes d'eau sur deux étages ramènent à toutes les images d'Epinal que l'on a sur la jungle et les cascades: celles des explorateurs au bout du monde, celles d'"Indiana Jones" ou celles de la pub télé "Ushuaia"... Encore Ushuaia? Mais oui! Souvenez-vous... Cette publicité où de charmantes dames se baignent sous des chutes d'eau fabuleuses. Et bien je l'ai vu cette fois-ci! Car Nadège se baignait sous cette cascade! Ici, il fait tellement chaud qu'il n'y a aucun soucis pour se prélasser dans les piscines naturelles creusées par l'eau tumultueuse. Nous ne nous en sommes pas privés: un bon bain de nature!

Mardi 12 avril - La jungle

Nous quittons Tarma et entamons notre descente. Le décor est toujours aussi montagneux mais la végétation s'étoffe progressivement jusqu'à devenir trés dense. En moins d'une heure, nous passons de la haute montagne à la jungle. L'air devient moite et les températures torrides. Le changement est saisissant. La nature est luxuriante et grouille de vie. On y cultive à profusion des fruits classiques, exotiques ou inconnus : orange, banane, ananas, carambole, guanabana et bien d'autres encore... Autant de jus nouveaux que nous nous ferons un plaisir de gouter!
Nous visitons un jardin botanique qui nous permet de mieux apprécier la diversité et la beauté des plantes qui constituent la flore de la "selva central" (région de la jungle péruvienne dans laquelle nous nous trouvons). Nous mitraillons de photos toutes les fleurs exotiques que nous voyons : elles semblent sorties de tableaux de maitre tant leur apparence est fine, complexe et colorée. C'est aussi l'occasion de déguster les escargots de la région. Un peu plus gros que les escargots de Bourgogne, ils peuvent être préparés crus en salade ou frits. Nous gouterons les deux variantes: trés bonnes!
Nous passons la nuit à la Merced, plus grande ville de la région et plaque tournante de toute l'agriculture locale et en particulier de celle du café. Mais n'esperez pas y prendre un expresso. C'est reservé à l'exportation. Ici, on prend une tasse d'eau chaude et on y verse du concentré de café liquide. Le résultat est un café moins corsé aux saveurs plus discretes que ce que nous connaissons. Un peu comme le café nord-américain mais en moins "jus de chaussettes". Bref, cela ne va pas nous énerver. Et avec cette chaleur assomante, on a plutôt envie de faire de la sieste...

Lundi 11 avril - La forêt de pierres

La région de Tarma est riche en histoires sur les extra-terrestres. Chaque habitant pourra vous raconter une anecdote à ce sujet. A cette altitude, le ciel nocturne est d'une limpidité exceptionnelle : on y voit bien plus d'étoiles que dans nos contrées. Cela doit favoriser l'observation de phénomènes célestes rares. Celui qui revient le plus souvent est le suivant: une lumière traverse le ciel en ligne droite, puis change soudain de trajectoire et repart dans une direction perpendiculaire à la précédente. Amis scientifiques, si vous avez une explication, je suis preneur!
Du coups, dés qu'un phénomène n'est pas expliqué, cela vient des extra-terrestres. C'est le cas de la forêt de pierres que nous visitons aujourd'hui. La route pour y mener est un peu longue. Nous repassons par le col du "Mont Blanc" (celui dont l'altitude est au dessus de la montagne sus-nommée mais je ne me souviens plus de son vrai nom...) pour finalement aboutir sur une plaine battue par les vents à plus de 4000 mètres d'altitude. Nous sommes dans la pampa de Junin, lieu hautement historique et géographique.
C'est ici qu'a eu lieu la dernière bataille pour l'indépendance du Pérou. Il est temps de mentionner deux grands noms de l'histoire sud-américaine : San Martin et Bolivar. Pour ne pas rentrer dans les détails, je résumerais leurs grandes épopées en disant que, le premier par le sud et le second par le nord, ont chassé les colons espagnols et rendu l'indépendance à de nombreux pays d'Amérique latine. San Matin est une grande figure de l'histoire argentine. Et c'est Bolivar qui a remporté une ultime victoire sur les espagnols à Junin, permettant ainsi au Pérou de devenir un pays totalement libre.
Au niveau géographique, La pampa de Junin cache en son coeur le lac de Junin qui est le second plus grand lac sud-américain aprés le fameux lac Titicaca.
Mais le clou de la journée est ailleurs. A l'autre bout de cette pampa se dressent des formes herissées qui tranchent avec les courbes douces des alentours. Plus l'on se rapproche et plus les formes semblent irréelles. Dans un paysage verdoyant, à perte de vue sont plantés des rocs immenses. Ici, la nature a tout chamboulé et joue avec notre imagination. Certaines formes se rapprochent d'objets, d'animaux ou de personnes. Les perspectives et les jeux de lumière sont infinis. On ne cesse de prendre des photos! Tout est grand. Tout est beau. On se lasse pas de se promener au milieu de ces géants noirs. Notre guide nous affirme qu'il n'y a pas d'explication pour l'origine de cette gigantesque forêt de pierres. Enfin si, il y en a une... Ce sont les extra-terrestres. Bien-sur!

Dimanche 10 avril - San Pedro de Cajas

Enfin de l´action! Nous avons exploré une grotte qui est sensée être la plus profonde d´Amérique Latine. Et pour cause: on n´en a pas encore découvert le bout! Huagapo est encore preservée du tourisme de masse. On y descend à la lampe torche avec son guide personnel. On est loin de "l´industrie des grottes" qui sévit en Europe! Cela en devient amusant. Car même s´il n´y a pas de réels dangers, la progression n´est pas évidente et nécessite un peu de technique pour grimper et redescendre les obstacles qui se présentent. Une expedition raffraichissante à 3500 mètres d´altitude...
Après cette grotte nous entamons notre montée dans une vallée assez étroite. Au bout de celle-ci, nous arrivons sur un grand cirque de montagnes au creux desquelles nichent le bourg de San Pedro de Cajas. Cela fait plus d´une heure que notre voiture montait péniblement sur cette route caillouteuse. Mais nous sommes récompensés de notre patience. San Pedro fleure bon le village du bout du monde (encore!). Ici, la montagne a été apprivoisée par les indiens: elle se pare d´une robe à carreaux dont chaque vert est une culture différente. Sans ces montagnes abruptes, rien ne laisserait penser que nous sommes déja à plus de 4000 mètres. Sous le soleil écrasant, San Pedro dégage une impression de tranquilité. Ici on vit de l´artisanat (principalement à base de laine de moutons) mais les ventes se font principalement dans la vallée. La modernité semble loin. Mais l´on se sent bien dans cet univers "maitrisée" par l´homme à un rythme qui ne semble pas avoir oublié que l´homme dépend de la nature et pas l´inverse.
Pour clore le chapitre du mal des montagnes, je me sens désormais parfaitement bien. Une petite randonnée au dessus de San Pedro de Cajas m´aura permi de le confirmer en profitant d´une vue panoramique splendide sur le village et ses montagnes "quadrillées" de verts. Une belle journée au cours de laquelle nous en aurons pris plein les yeux!

Samedi 9 avril - Autour de Tarma

Désolé pour le manque de photos mais j´ai oublié mon cable de raccordement à Lima. Vous serez donc privés d´images pendant encore une petite semaine...
Pour l´heure, notre découverte de la région se pousuit. Nous visitons une église qui est un haut-lieu de pélerinage: le "Santuario del Senor de Muruhuay". Construite à flanc de montagne, elle est devenue célèbre pour sa peinture de Jésus inscrite dans la roche qui a resisté à un tremblement de terre. Dans l´apres-midi, nous explorons des ruines incas dont la maison de l´Inca est assez bien conservée. Saviez-vous que l´Inca (l´équivalent de notre roi) possedait une demeure qui lui était attribuée dans chaque village? Ici, nous sommes à Tarmatambo (environ 3500 m).
Il est à noter que je n´ai pas bien dormi cette nuit et que les promenades de la matinée me fatiguaient facilement. Mais maintenant, je pense avoir trouvé mes marques en permanence au dessus de 3000 mètres et je me sens parfaitement bien.

Vendredi 8 avril - Tarma

Nous quittons enfin Lima pour une semaine d'excursion qui va nous mener aux portes de la jungle péruvienne.
Notre première journée se passe principalement en bus à monter de Lima (niveau de la mer) à Tarma (3050 m). La route asphaltée atteint son point culminant à un col situé à 4818m. Nous sommes au dessus du Mont Blanc sans avoir mis le pied par terre! Les décors n'ont rien à voir : tout est sec et quasi désertique. La neige ne tient pas ici. Pour Nadège, c'est la routine. Pour moi, c'est la première fois que je dépasse les 4000 metres! Je guette les signes du mal des montagnes. Je ressens quelques légères nausées. Mais nous sommes derrière une vitre en plein soleil et cela tourne pas mal...
Après quelques heures à Tarma et quelques infusions de feuilles de coca, tout ceci n'est qu'un mauvais souvenir. Nous séjournerons quatre jours dans cette charmante petite ville au coeur des montagnes. Les alentours semblent beaucoup plus verts que tout ce que nous avons pu traverser jusqu'alors. Nous avons même vu de magnifiques champs de fleur! Nous partirons demain à la découverte de cette région montagneuse pourtant déja proche de la jungle péruvienne.

Jeudi 7 avril - Lima

Le soleil est toujours aussi intense à Lima. Notre journée se partage entre les amis de Nadège et une visite du centre de Lima. Cette partie de la ville offre quelques superbes églises et de belles demeures datant de l´époque des colons espagnols. Le centre est principalement occupé par les grandes administrations et les rues commercantes. Contrairement à certains quartiers "sensibles", ici on peut se promener et flaner sans aucun risque. Mais, au risque de paraitre encore une fois un peu dur dans mes jugements, il faut bien avouer que le centre n´est pas des plus intéressants : les points d´interets sont perdus entre les immeubles modernes, les boutiques et le brouhaha des voitures omniprésentes. Bref, c´est à voir mais on en a vite fait le tour.
Le soir, nous avons la chance d´assister à un concert d´un groupe tres connu en amérique latine : les "Bacilos". Il s´agit d´une fusion reussie entre les différentes mouvances sonores sud-américaines (salsa, bossa, ...) et une orchestration "rock moderne" (guitare electrique, batterie, ...). On appelle cela le "meringué". Ce mouvement semble être tres fort dans tous les pays que je traverse. Il permet aux "jeunes" de s'identifier à une musique moderne tout en gardant une forte authencité et en valorisant leurs racines sud-americaines. Je pense que "Bacilos" sort du lot car l'orchestration est parfaite et les paroles sont accrocheuses : je ne comprends pas grand-chose mais tous les peruviens connaissent les morceaux par coeur. Un peu comme à un concert de Patrick Bruel ou de Indochine...

Mercredi 6 avril - Miraflores

Pas de grandes découvertes aujourd'hui: nous nous promenons dans "Miraflores", banlieue "chic" de Lima dans laquelle nous résidons. Nous en profitons pour effectuer quelques tâches administratives et faire quelques empletes. Le bord de mer est constitué de falaises. Se promener du haut de ces dernières donne un panorama appaisant sur l'Océan Pacifique. On y voit quelques baigneurs mais surtout des surfeurs attendant la bonne vague pour glisser sur un bonheur fugace. Une belle journée chaude et ensoleillée où il est bon de ne rien en faire en bonne compagnie...

Mardi 5 avril - Jonction

Encore une petite journée à flaner dans Salta et ses alentours afin de gouter à sa douceur de vivre et c'est déja l'heure du départ. Mon vol fera escale en Bolivie avant d'atterir avec plus d'une heure de retard à Lima.
Et ce sont les grandes retrouvailles! Nadège est là! Tout va bien! La vie est belle!
Pour moi, le changement est radicale : les gens "harcelent" beaucoup plus les touristes (mais rien de méchant!), la température est agréable malgré l'heure tardive et on sent beaucoup d'humidité dans l'air.
Voici donc mes premières impressions "à chaud". Pour l'heure, je vais me coucher mais je ne suis plus tout seul! Bonne nuit!

Lundi 4 avril - Repos

Premier jour de soleil à Salta! La ville est bien plus jolie! Avec le soleil, la chaleur pèse sur l'esprit et sur le corps. Et si je ne faisais rien? Sieste et ne rien faire. Voila le programme de ma journée. Cela sert à cela les vacances, n'est-ce pas?

Dimanche 3 avril - Parrilla

Je passe un dimanche tranquile chez Harald. Ce dernier a préparé des "asadores" (voir mon article qui parle des grillades sur la "parrilla") et a invité des amis et de la famille. Me voila donc plongé dans un univers "typiquement argentin" (dixit Harald). On mange, on boit, on discute à l'ombre d'une terrasse. Je rencontre toujours les même difficultés à m'exprimer. Cela devient frustrant car je comprends assez bien ce qui se dit mais je ne peux participer...
A la fin du repas, on prépare le traditionnel "maté". Enfin, je vais gouter à cette boisson nationale. De nombreux argentins se promènent en permanence avec tout le matériel pour en consommer toute la journée : un thermos d'eau chaude (mais pas bouillante), une "boule creuse" de la taille d'une pomme, une cuillère creuse dont le manche est une paille et la "yerba maté" (feuilles pilées et séchées de l'arbuste "maté"). Une seule personne se charge de préparer le breuvage: on remplit la calebasse de "yerba maté", on verse l'eau chaude, on remue un peu avec la cuillère puis on aspire l'infusion avec cette même "cuillère" ("bombilla") et l'on passe à son voisin. A noter pour les inconditionnels de l'hygiène que tout le monde boit avec la même "bombilla". La boisson a un goût assez amer, à mi-chemin entre le thé et le jus d'épinard. Bizzarement, la première gorgée n'est pas agréable mais aprés, on en veut de nouveau! On peut aussi l'agrémenter d'un peu de sucre mais je trouve que cela déteriore les vertus du maté : coupe-faim, aide à digerer et déshaltère... C'est surtout un grand moment de partage. N'importe où, un argentin qui prépare du maté va vous en proposer : dans un bus, dans une salle d'attente, ... C'est toujours un grand moment de convivialité et une occasion de discuter.
Merci à Harald pour avoir perfectionné ma connaissance des traditions argentines!

Samedi 2 avril - Cafayate

Cette fois-ci, je reste sous les nuages qui ne décollent pas de Salta. Je tiens par contre à préciser qu'il ne fait jamais froid... Il s'agit d'un festival de couleurs dans une vallée semi-aride balayée par les vents. Un joli et surprenant "colorado" qui offre de nouvelles perspectives à chaque virage.
La traversée de cette "quebrada" (vallée) se termine par la visite de Cafayate, petit village où il fait bon vivre autour de sa paisible place centrale. Cafayate est surtout connu pour ses vins dont le plus atypique est un blanc tiré d'un cépage quasi-inconnu (je crois meme qu'il a disparu) en Europe: le Torrontés. Il est assez inclassable : entre sec et doux mais avec du caractère. Je ne suis pas expert mais j'aime bien!
Les décors sont époustouflants: des couleurs, encore des couleurs!

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, l'érosion est principalement due aux vents: il ne pleut presque jamais ici.

Un petit lama qui mange du sel. Ces animaux sont principalement élevés pour leur laine. Celle de ce "bébé" est trés douce!

Vendredi 1er avril - Humahuaca

Encore du soleil même si Salta est toujours sous les nuages. Les paysages sont tout aussi désertiques que la veille. Nous ne sommes qu'à 2800 mètres. Les roches offrent un éventail de couleurs plus variées. Cette excursion nous donne surtout l'occasion de prendre conscience et connaissance de la culture et des traditions indiennes encore trés vivaces dans cette région frontalière de la Bolivie.
Un cimetière sur une colline surplombe une vallée multicolore.

Une forteresse Inca réhabilitée par des archéologues domine la région environnante.

Jeudi 31 mars - Cachi

Salta est encore sous les nuages. Heureusement, mon excursion va m'emmener bien au dessus, dans cette cordillère que je devrais voir depuis Salta par beau temps.
La route traverse une première zone trés verte et trés fertile au creux d'une vallée. La végétation est luxuriante et fait par moment penser à une jungle épaisse. Cette humidité ne vient pas de la pluie mais des nuages qui restent "coincées" dans ce que l'on nomme ici une "quebrada". Puis la route monte, monte, monte. Epingle apres epingle, le chemin en terre que nous empruntons devient de plus en plus impressionnant. Nous dépassons les nuages. L'endroit est désertique. La végetation est rare. Nous sommes à plus de 3000 mètres. Le ciel est d'un bleu éblouissant. Autour, certaines montagnes culminent à 5000 mètres. Mais il n'y pas de neige. Sur les hauteurs, tout est minéral. Il fait tellement sec que la neige ne tient jamais. Nous sommes sur les contre-forts de l'altiplano bolivien. Sur ce plateau semi-désertique, les cactus sont les rois. Au loin un condor. Il y a donc de la vie ici...
Notre route -désormais plate- nous mène jusqu'à un village. Un oasis innatendu dans ce décor hostile. Le soleil tape fort. Les maisons blanches en deviennent éblouissantes. Le centre du village offre une place ombragée où il y fait bon se reposer. Ici, on se sent bien. A l'horizon, des sommets blancs de la cordillère se détachent et donnent un cachet supplémentaire au lieu. Les gens sont calmes, des enfants jouent à la balançoire, tout est paisible. Vous êtes au bout du monde. Vous êtes à Cachi...
Pour ceux qui passeront un jour à Cachi: il faut absolument visiter le petit musée archéologique qui s'y trouve. On ne s'attend pas à trouver un musée de cette qualité si loin de tout. Pourtant, on y explique de manière trés didactique comment "on fait" de l'archéologie. De plus, on y retrace l'histoire des différentes tribus indiennes qui vivaient dans la région. Saviez-vous que les premiers indiens sont arrivés il y a 40 000 ans sur le continent américain en passant par le détroit de Behring qui était gelé à cette époque? Et saviez-vous que ces mêmes indiens sont arrivés dans le sud de l'altiplano bolivien il y a seulement 7000 ans? Ensuite, cela se précipite un peu. Sous la pression des espagnols qui envahissent les territoires Incas, ces derniers partent à la conquète de nouvelles terres et vassalisent les tribus du coin. Et finalement, les espagnols viendront à leurs tours et mettront un terme définitif à l'existence de ces indiens qui vivaient pourtant paisiblement en accord avec la nature et les éléments...
Ouf! Les nuages sont en dessous.

Le monde entier est un cactus... Il y en a partout! A raison de 2 centimètres par an, quel age peut donc avoir celui-ci?

On cultive et l'on fait sécher le "piment" à Cachi. En réalité, il s'agit plus d'une sorte de poivron au goût légèrement relevé

Mercredi 30 mars - Salta

Journée de contact avec Salta. On l'appelle la "linda" (la belle) dans toute l'Argentine. Malheureusement, la belle ne se laisse pas facilement apprivoiser... Le temps est toujours gris et menaçant. Et pour être honnête (mais mon jugement est subjectif et lié au temps), Salta est agréable mais pas extraordinaire. En générale, les villes argentines n'ont pas de coeur ni de cohérence architecturale. Ce qui les rend assez hideuses d'un point de vue purement esthetique. Salta fait exception à la règle : il y a de belles batisses, des belles églises et pas mal de bâtiments dans le style colonial. Mais l'ensemble reste encore un peu cahotique et manque d'harmonie. On s'y sent bien entre ses murs aux couleurs écarlates et ses jardins luxuriants. Mais sans le soleil, tout cela perd un peu de son charme... Parait-il que l'on voit les Andes autours. Aujourd'hui, je ne ne vois rien... Dés qu'il y aura du soleil, je réviserai mon jugement. Promis!
J'ai aussi passé une partie de ma matinée à préparer mon départ. Mais pour où??? Pour Lima. Et oui. Cela devait arriver. Ma remontée hative vers le nord de l'Argentine n'avait qu'un seul but : rejoindre au plus vite ma bien-aimée. Il faut bien l'admettre: tout ce que j'ai pu voir jusqu'alors était formidable et j'espère vous l'avoir fait partager à sa juste mesure. Mais il me manquait toujours quelques chose. Ce petit supplément d'âme et d'émotion que seule Nadège peut m'apporter lorsque les moments sont partagés. Je partirai donc pour Lima le 5 avril dans la soirée. Voila. Les "bookmakers" peuvent arreter de s'emballer. C'est au tour de mon coeur de s'emballer. Pour une juste raison: Nadège!
Il y a de trés jolies choses à Salta. Mais sous le soleil...