Vendredi 18 mars - Les éléments

Je devrais voir le Fitz Roy depuis la fenêtre de ma chambre. Mais un voile gris couvre la chaine de montagnes qui s'étalait encore hier devant moi de façon majestueuse. Le temps est mitigé mais il ne pleut pas. J'entame une randonnée pour me rendre au pied d'un autre sommet de la région: le Cerro Torre (3100 mètres?).
La montée est agréable mais le temps s'assombrit au fur et à mesure de mon ascension. Mon arrivée au lago Torre, terme de ma marche, est accueillie par la pluie, le vent et le froid. Devant moi, les hauts sommets me boudent toujours derrière des nuées de pluie.
Subitement, dans la descente, le vent se lève avec une extrème violence. Tout se déchaine autour de moi. Les lacs se transforment en mers en furie et des vagues déferlent sur des plages insoupçonnés. Les nuages se déchirent. C'est désormais un grand ciel bleu au dessus de ma tête. Mais je reçois toujours une pluie qui vient de bien plus loin. Devant moi, le Fitz Roy épaissit son mystère. Sa masse sombre et imposante se distingue de temps à autre entre les nuages qui défilent à grande vitesse. "El Chalten" signifie "la montagne qui fume" en indien. C'était l'ancien nom donné au Fitz Roy... Je suis comme ces indiens : écrasé par les éléments. La terre, le vent, la pluie. Tout me dépasse et s'impose à moi.
A mon retour au village, tout se calme. Le Fitz Roy est alors visible et paisible comme si rien de ce qui vient de se passer n'était réellement arrivé. Un secret qui se doit d'être sans cesse redécouvert. Patagonique...
Une nature menaçante dans un équilibre serein

Alors que tout s'agite dans la montagne, la vallée demeure impassible

1 Commentaires:

Blogger Pidji said...

Que les touches de ton clavier doivent te sembler lointaines...

Merci pour ce bol d'air frais quotidien!

01 avril, 2005 13:53  

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