Jeudi 10 mars - Le vrai visage d'Ushuaia

Ce matin, le temps est couvert. Il pleut et il fait frais.
Les pluies se font de plus en plus rares au fil des heures mais le vent redouble d'intensite. Voila un climat plus en accord avec ce que l'on attend d'Ushuaia : extreme et changeant.
Je reserve neanmoins une excursion en bateau pour l'apres-midi. Je profite de la matinee pour effectuer mon "demenagement" d'une habitation a une autre et me promener encore en ville.
Dans l'apres-midi, le temps ne change guere : ciel bas, vents violents. Tiens, j'ai froid... J'attends mon bateau qui a une heure de retard. A la radio, le capitaine crachotte quelques mots aux personnes qui nous font patienter a quaie. Je comprends a peu pres le"tiempo de mierda" : ils sont bloques et ne prendront personnes cette apres-midi. Mon excursion est reportee au lendemain.Voila donc une journee de detente. Le temps n'est pas propice a la randonnee. Pourtant, les nuages se font plus claircemes. Vers 17h00, le soleil fait des percees encourageantes. Cela suffit a me faire sortir.
En face de moi : le glacier Martial. Et si j'essayais de m'en rapprocher? Fidele a mon habitude, je trace tout droit pour monter. Par chance, je tombe sur un sentier que des gens ayant la meme inspiration que moi ont du creuser. Apres 2 heures de montee, je suis recompense par une vue sur toute la baie d'Ushuaia. Il est 19h00 et temps de redescendre. Si tard? Me direz-vous. C'est l'une des particularites des ces regions autrales: les jours sont tres longs et cela permet de faire beaucoup de choses en une journee.
Dans ma descente, je passe a nouveau par ces quartiers que les touristes ne voient pas car ils sont en dehors de toute zone "interessante". Un certain denuement social existe bel et bien en Argentine. Ce n'est pas de la misere car il y a de la dignite dans les modestes habitations que je voie et dans l'existence des gens. On a l'impression que tout s'est fige dans le temps ou que cela redemarre a peine (le contre-coups de la crise economique des annees 2000?) dans ces quartiers. Des petites "maisons" faites de bric et de broc (mais propres) cotoient des immeubles flambant neufs tres similaires a nos HLM. Je n'aime pas trop parler par de mes simples et subjectives impressions. Je vais donc clore ici ce volet "peinture sociale".
Au chapitre gourmand, je continue a decouvir la "centolla" (ou arraignee de mer). Cette fois-ci en salade. Toujours aussi bon. Je decouvre aussi d'autres manieres de preparer du poisson : essayer de faire cuire un filet de morue avec du parmesan fondu dessus. C'est excellent et il y a ce genre de melange "poisson-fromage" un peu partout dans Ushuaia.
Sinon, il fait toujours froid...

3 Commentaires:

Anonymous Roy - El Salteño said...

Jusqu’un petit commentaire à propos de tes « observations sociales »:
a.) 50% de la population argentine n’ont pas d’affiliation à une caisse d'assurance maladie. Ils dépendent entièrement des hôpitaux « publiques ».
b.) Avec un salaire de 1.700 dollar (US$) tu fais partis du 10% meilleur payé de la population

12 mars, 2005 23:26  
Anonymous Pierre-Henri said...

Tu as entierement raison!
Et je pense m'etre un peu emporte dans mon miserabilisme car les quartiers dont je parle sont loin de constituer la majorite de l'agglomeration de Ushuaia.
Je me rends compte aussi que -apres plusieurs jours- on ne percoit plus la pauvrete par rapport a notre niveau ("tout ce qui est inferieur au standard europeen") mais par rapport au niveau du pays. Un exemple? Les voitures me semblaient toutes en mauvaise etat a mon arrivee. Maintenant, cela ne me choque plus et je trouve toutes les voitures tres bien. Mon retour en Suisse va etre un choc! C'est comment un logo Audi?

13 mars, 2005 02:18  
Anonymous Anonyme said...

Ben demande à François ;-)
Pidji

01 avril, 2005 13:42  

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