Mardi 29 mars - Plus au Nord

Un dernier morceau de chocolat, une dernière vue sur le lac et ses montagnes et je m'en vais. L'avion décolle et l'on peut encore apercevoir les différentes tonalités de couleurs qu'offre la Patagonie: le jaune aride des steppes, le vert humide des forêts, le rouge torride des montagnes rocheuses et le bleu lumineux des lacs. Au revoir Bariloche, porte septentrionale de la Patagonie!
Aprés une escale à Buenos Aires, j'arrive dans la soirée à Salta.
L'accueil est humide : il pleut à verse. Mais il ne fait pas froid : nous déja sommes tout proches du tropique du Capricorne... Heureusement, Harald est là. Son français est toujours aussi bon (il est allemand) et c'est agréable pour moi d'entendre cette langue familière! Il sera mon taxi et mon guide pour cette soirée.
Me voila désormais bien installé à Salta. Mais je n'ai pas pu voir grand-chose tant la pluie est forte. Vivement demain!

Lundi 28 mars - Pause gatronomique

Aujourd'hui, c'est décidé : je ne fais rien! Pas de randonnées en vue. Je me promène dans Bariloche en faisant du lèche-vitrine. Le temps s'y prete bien puisqu'il est assez nuageux avec du vent. Du coups, on rentre volontiers dans les boutiques juste pour être au chaud.
Demain, je passerai encore une matinée à Bariloche puis prendrai un avion pour Salta : c'était cela ou 32 heures de bus...
Je pense que je vais encore manger dans le même "tenedor libre" avec "parrilla" ce soir. Il est donc temps que je vous détaille ces termes trés usités en Argentine.
Littéralement, "tenedor libre" signifie "fourchette libre". Dans les faits, il s'agit d'une formule "buffet à volonté". On rentre. On commande sa boisson sur la carte que le serveur vous donne. Puis on va se servir. Ce genre de restaurant est assez répandu dans le pays. J'ai noté un phénomène sociologique étrange : beaucoup sont tenus par des chinois alors que cette population est quasi-inexistante en Argentine. Du coups, les buffets sont un mélange de cuisine "traditionnelle"(traduire par: "comme chez nous") et de cuisine asiatique.
Là où cela devient plus intéressant, c'est lorsque le "tenedor libre" fait aussi "parrilla" (prononcer "paricha"). "Parrilla" est le nom donné à la grille servant à faire cuire la viande. Voici un autre culte en Argentine: la "parilla". Je n'emploie pas le mot "grillade" car cela n'a rien à voir même si le principe est le même. Ici, c'est un véritable art qui mele les talents du cuisinier à ceux du boucher.
Comment ça marche? Prenez des morceaux de viandes (boeufs, agneaux, poulets, saucisses, ...) que l'on aura découpé spécifiquement. Comme je ne suis pas expert en boucherie, je ne m'attarderai pas sur le sujet. Mais en génerale, il s'agit de parties entières de la bête. Salez-les abondemment. Préparez des braises que vous prendrez bien soin d'alimenter durant toute la cuisson. Posez les morceaux sur des grilles ou sur des pieux à distance respectable des braises et laisser cuire. La cuisson peut durer plusieurs heures! C'est tout l'art du "Parrilla".
Le résultat est une viande bien cuite et toujours tendre. A cela, deux raisons. Primo, la qualité de la viande argentine n'est pas surfaite. Elle est due à un élevage qui n'est pas intensif comme chez nous. Secundo, la cuisson lente ne durcit pas la chair. Le résultat est incroyable car la viande ne perd pas en goût. Le sel permet -en outre- à la viande de "dorer dans son jus". Ce qui permet d'avoir une croute craquante et d'éviter d'avoir à saler la viande au moment de la consommer.
Il reste alors à demander au "chef" de la parrilla de découper le morceau de votre choix dans le gros morceau qui cuit. On peut éventuellement l'agrémenter d'une sauce maison légèrement pimentée. Pour ma part, même si ce n'est pas l'habitude, je mange le morceau "nature" accompagné d'un bon verre de vin argentin (je reste sur le Malbec qui est mon préféré).
Bon appétit!
Pour quelques images : http://www.pasqualinonet.com.ar/sobre_asado.htm

Dimanche 27 mars - Le volcan Lanin

Je me lève un peu plus tôt que d'habitude. Plus de 300 kilometres de routes m'attendent dont une soixantaine sur terre battue. En roulant à l'allure argentine (c'est à dire vite!), j'arrive au bout de trois heures dans le parc naturelle de Lanin. Depuis, une centaine de kilometres, je le voyais déja : un sommet blanc se détachant bien au dessus de l'horizon. Me voici désormais trés proche de celui-ci : le volcan Lanin m'appelle. La randonnée n'a rien de spectaculaire. Mais la nature est intacte : lapins, pic-verts et autres oiseaux évoluent entre rivières et forêts. La dernière partie de l'ascension s'effectue sur de la roche volcanique. Le temps est magnifique et le soleil se reflete intensément sur les neiges éternelles du volcan Lanin. Il est temps de s'arreter. La dernière partie de l'ascension nécessiterait un guide et un équipement adapté. La vue sur le volcan est superbe et en impose. D'autant, qu'à sa base, on domine déja les montagnes environnantes. Cela lui donne un côté paternel : le volcan veillant sur son domaine, vétu de son manteau blanc et cachant un coeur de feu.
Même de loin, le volcan Lanin s'impose.

Plus on s'en rapproche, plus on se sent devenir petit...

Samedi 26 mars - Encore une rando

Encore une belle journée qui s'annonce. Le vent assez fort qui souffle aujourd'hui m'incite à emprunter des sentiers qui évitent les sommets. J'ai -encore une fois- perdu une partie de ma matinée à régler mes problèmes logistiques : je partirai finalement le 29 mars pour Salta dans le nord-ouest de l'Argentine afin d'y retrouver mon ami Harald (vous avez certainement déja lu ses commentaires!).
Ma promenade n'a rien d'exceptionnelle même si elle est assz longue. Je profite toujours autant des panoramas et de ce bain de nature. Cette région de la Patagonie andine ressemble vraiment aux Alpes dans leurs parties les plus sauvages. Ces étendues de montagnes me rappellent par moment la vallée des merveilles ou les Aravis. Mais la similitude s'arrete là. Ici, les espaces paraissent plus vastes. Il n'y a pas d'alpages : on passe directement des forêts ombragées à de la rocaille inhospitalière.
La différence fondamentale se situe dans la végétation: les conifères son presque inexistants. La région de Bariloche se targue d'être la seule en Patagonie andine à posséder des conifères. Mais, même ici, ils se cantonnent à quelques flancs de montagnes.
En se penchant sur les détails, l'oeil "européen" ne parvient pas à donner de nom aux plantes et arbres qu'il croise. On reconnait bien les différentes familles de végetaux mais tout est légèrement différent. Une touche d'exotisme en somme... Là dessus vient se greffer des plantes spécifiquement sud-américaines qui se sont adaptées au climat extreme de la Patagonie. On trouve beaucoup d'endroits en moyenne montagne qui font penser aux forêts tropicales : des roseaux foisonnent à l'ombre d'arbres gigantesques. On peut même y rencontrer une sorte de péroquet!
La nature recelle de nombreuses choses nouvelles pour moi. Mes randonnées -même les plus anodines- en deviennent intéressantes. Tant mieux!
En chemin, un vieux pont mal en point. Cas rarissime: la qualité des sentiers et du balisage est impécable depuis le début de mon voyage.

La laguna Jakob. Terminus de ma randonnée. Goutons à la douceur de la Patagonie sous le soleil: l'eau, la forêt, la roche...

L'emerveillement des yeux est partout. Cadeau pour Nadège!

Vendredi 25 mars - Joyeux otage de Paques

"Completo, todo completo". Je l'aurai beaucoup entendu cette phrase... Tout est complet... Impossible de prendre le moindre transport jusqu'au 29 mars à cause de la "semana santa". J'avais bien pensé qu'il était inutile d'essayer de se déplacer au début et à la fin de cette période de vacance. Mais en plein milieu, cela me semble moins compréhensible... Ma stratégie aura donc échoué.
Me voila prisonnier de Bariloche. Je ne vais pas me plaindre : j'ai un logement et une voiture. Le rêve de beaucoup d'argentins qui arrivent ici... En plus, le soleil est radieux et il fait bon (ni chaud ni froid en T-shirt). J'ai perdu ma matinée dans cette quête inutile d'un véhicule partant vers le nord.
Je pars en début d'aprés-midi à une vingtaine de kilomètres de Bariloche pour effectuer l'ascension d'un sommet : le Cerro Lopez. En chemin, je prends un auto-stoppeur qui se nomme Juan. Cette pratique est assez fréquente sur la route hyper-touristique que j'emprunte. Pour ma part, cela me permet de m'exercer un peu à l'espagnol. J'en retire toujours autant de frustrations mais je persevère!
Parler m'a joué des tours : je me trompe d'endroit pour le départ de ma randonnée! J'effectue l'ascension d'une montagne en une heure. Bizzarement, il n'y avait personne sur ce sentier, aucun balisage précis et mon plan indiquait 3 heures de montée. Je sais que je suis rapide mais quand-même... La vue panoramique d'en haut est superbe. J'essaye de m'orienter avec ma carte (avant, je ne pouvais pas car j'étais dans les arbres) et découvre mon sommet de l'autre côté de la vallée. Je redescends et me rends en voiture à mon second départ. C'est mieux fois-ci : le sentier est balisé et mène bien au refuge du Cerro Lopez. Malheureusement, j'ai perdu trop de temps précédemment et je n'arrive pas à évaluer le temps qui me reste jusqu'au sommet. Par contre, je sais le temps qui me reste avant de me trouver à l'ombre des montagnes... Je préfère m'arreter sur un promontoire et profiter de la vue splendide qui m'est offerte sur la région de Bariloche et ses lacs : on ne s'en lasse pas...
A quelques hectometres du Cerro Lopez: ici tout n'est que beauté...

Voici l'endroit où je prends mon petit-déjeuner. Cela pourrait être pire!

Jeudi 24 mars - Les sept lacs

Le temps est moins radieux que la veille. Exactement comme sur le lac Léman: les nuages sont accrochés aux montagnes et l'eau est grise. Ceci ne me donne pas envie de randonner aujourd'hui. Heureusement, j'ai fait une entorse à mon ascèse de routard : j'ai loué une voiture. Cela faisait un moment que je rêvais d'être indépendant des horaires de bus, arreter de toujours courir pour me lever et de ne pas me précipiter pour ne pas rater mon bus en retour de randonnée. Bref, la liberté...
J'effectue un tour en automobile touristiquement réputé : les 7 lacs. En flanant, cela me prendra la journée. La route est presque tout du long en terre mais aisement praticable avec ma voiture de tourisme.
Pour mon papa: mon auto est une Volkwagen Gol. Non, il n'y a pas de "f" à la fin. C'est une petite voiture tres repandue qui ressemble un peu à l'ancienne Polo. "Gol" signifie "but" en Argentine. Le foot est une véritable religion ici. Pas moyen d'y échapper à la télévision. La ferveur dans tout le pays est équivalente à celle que l'on peut rencontrer à Marseille. Chaque but est toujours ponctué par le fameux "Goooooool". Faites durer le "o" 10 secondes comme si vous tombiez d'une falaise. Meme pour un but ridicule, meme en differé, vous aurez droit à la même intensité dans le "Gooooool". On ne s'en lasse pas... Pour les techniciens, je dirais juste que le football argentin est plus spectaculaire car il est plus instinctif (tout à une touche de balle) et moins tactique.
Pour la conduite, les argentins sont plus forts que moi: il faut systematiquement dépasser les vitesses autorisées pour rouler au rythme argentin. Compter 110 sur Nationale, 90 sur route en terre et 70 en ville (quand la circulation est fluide...). Pour les priorités, c'est au feeling(un melange de priorité à droite, route principale et "je suis le plus gros") et ça ne marche pas si mal! Quand aux lignes continues, elles disparaissent dés que quelqu'un devant soi ose respecter les limitations.
Les routes empruntées m'ont permis de découvrir le variété des paysages dans cette région. Bien sure, la nature y est intacte. D'une vallée à l'autre, on passe de lacs et de forêts touffues à des steppes arides dominées par des montagnes rocheuses. C'est en quelques sorte un résumé d'une partie de la Patagonie. Il n'y a rien de grandiose mais c'est trés beau et varié. Je pense que c'est dans ces régions que doivent demeurer Sylvester Stalone, Florent Pagny et autres Bushs. J'ai entendu que Benetton possedait des terres à 200 kms au sud de Bariloche... Ils ont fait un bon choix : rivières, steppes, montagnes, forêts, natures... Et le tout avec un aéroport à Bariloche et pas mal de routes bitumées en parfait état. J'ai vu des parcelles à vendre: je vais me renseigner...
Au chapitre musicale, j'avais dans la tête "Ma liberté de penser" de... Florent Pagny! Si vous pouviez me donner une autre chanson française qui parle de liberté (pour moi, il s'agit de liberté de mouvement avec ma voiture) pour que je m'ote celle-là de l'esprit, je vous en serai reconnaissant (mais pas "Il est libre Max" car ça ne colle pas bien avec un gars qui roule en voiture les cheveux au vent)
La route est splendide et offre des paysages variées. Nous voici dans une vallée où toutes le roches deviennent des sculptures.

La région est aussi connue pour ses rivières propices à la pêche. Les truites et saumons en sont les vedettes.

Mercredi 23 mars - C'est la Patagonie ou bien?

Mon trajet nocture s'est bien passé. Les sièges et le service dans ces bus "cama" sont équivalents à ceux d'une première classe en avion. J'aurai pu plus dormir mais je me rattaperai ce soir.
La dernière partie de la route traverse les montagnes andines que je retrouve enfin. Celles-ci sont plus hautes que du côté d'El Chalten. Je vois pour la première fois des conifères. Les paysages se rapprochent de ceux que nous connaissons dans les Alpes. Cependant, ils possèdent plus de profondeur: les étendues semblent plus vastes, les perspectives plus lointaines.
Me voici à San Carlos de Bariloche. Bariloche pour les intimes. L'ambiance y est toujours trés argentine (j'appelle cela le "bordel organisé") mais l'architecture et l'environnement tranchent avec ce que j'ai pu voir jusqu'alors : beaucoup de bâtiments en pierre et en bois, des hotels à tous les coins de rue, les montagnes autour et un bord de lac. Une sorte de grand Chamonix au bord de l'eau avec beaucoup de gens et de circulation.
Il fait beau et il fait chaud (contre-petrie belge fort connue). J'en profite pour faire un tour rapide de la région environnante. Ici, rien d'exceptionnel. On pourrait voir la même chose dans les Alpes. La différence réside dans l'omniprésence de la nature. Malgré les infrastructures mises en place(routes, télécabines, ...), on tombe toujours sur des endroits sauvages. Certes, il ne faut pas s'amuser à longer les bord du lac envahis d'énormes propriétés privés. Mais si l'on s'éloigne un peu, c'est la nature à 100%.
Cette région de la Patagonie se prend vraiment pour la Suisse: chocolat et fondue, lacs, montagnes et même un village de colons suisses! On a aussi droit à un saint-bernard dans tous les endroits touristiques afin que les argentins soient pris en photo avec.
Ma chambre ressemble étrangement à celle d'un chalet du Valais. Et la vue sur le lac me fait penser à celle d'un certain Léman...
Nous sommes à 5 kilomètres de Bariloche. Tout n'est déja plus que nature

Mardi 22 mars - La péninsule Valdès

Il fait beau et il fait bon. Un temps idéale pour se rendre à la "Peninsula Valdes" à la rencontre d'une faune protégée dans ce parc naturel entouré par l'océan. Les animaux que nous voyons sont aussi bien marins que terrestres. La route est un peu longue mais notre guide sait occuper le trajet par des explications détaillées sur l'ensemble du site et de ses richesses. La liste de nos observations serait un peu longue mais mon coeur balance un peu plus fort pour la petite et paisible colonie de pingouins ainsi que pour les bébés otaries menacés par les orques rodeurs.
Si vous aimez les documentaires animaliers, vous avez sans doute déja vu cette scène spectaculaire où un orque vient s'échouer sur la plage pour attraper une petite otarie. Il ne s'agit pas d'un comportement "naturel" (instinctif) pour cette animal. Seules deux colonies dans le monde pratiquent cette chasse et les images filmées viennent certainement de la péninsule Valdès.
Alors, quand vous observez tranquilement un atroupement d'otaries et que vous voyez soudainement se rapprocher deux ailerons noirs venant du large, vous pouvez imaginer l'état de tension dans lequel je me trouve! Le guide me dit que c'est possible: nous sommes à marée haute dans des conditions idéales. Mais attention: cette chasse atypique est extremement rare à observer... La tension monte encore... Les ailerons se rapprochent encore. .. J'ai beau me dire qu'il ne faut pas rêver, j'ai beau me dire qu'il faut avoir de la pitié pour ces otaries, je n'ai qu'une envie: les voir se rapprocher encore... Dans ma tête: la musique des "Dents de la mer"... Et c'est l'attente. Qui dure des minutes interminables. Et puis plus rien. Les orques ne sont plus visibles. Le calme avant l'assaut? Non. Aprés un certain temps à scruter profondément l'horizon mon guide me dit qu'ils sont partis... C'est finalement mieux ainsi. La nature n'est pas un film d'action américain. Il faut savoir l'apprécier dans sa douceur et sa simplicité.
J'entends une question des fans de Cousteau: "Et les baleines, tu les a vues?"
Helas non. La péninsule est réputée pour être un haut lieu de "mise à bas" pour les baleines. Pas moins de 800 baleines baignent dans les eaux tranquilles de cette baie de juin à décembre. Vous l'aurez compris : je suis venu un peu tôt. Mais le reste est déja suffisant à mon goût.
Je pars ce soir pour Bariloche (plein Est dans les Andes). Je n'ai trouvé que des bus de nuit pour cette destination. Ce sera ma première expérience dans un bus "cama" (avec un lit). C'est une chose trés courante en Argentine car les distances sont souvent longues les lignes ferroviaires inexistantes. Nous verrons dans quel état j'arriverai demain dans cette ville où la jet-set argentine va généralement skier et faire la fête...
Il y des jeunes et des vieux. Ils font beaucoup de bruits. Ils ne serviront pas de déjeuner aux orques aujourd'hui.

Quelqu'un peut-il me donner le nom de ce petit animal peu craintif?

Mes amis les pingouins font les fiers. C'est juste pour ne pas faire face au vent violent qui souffle.

Lundi 21 mars - Puerto Madryn

Encore de la route une bonne partie de la journée. Cette fois, je longe la côte atlantique en remontant vers le nord. Toujours ce même paysage désertique à perte de vue. Seuls quelques moutons et quelques villages parviennent à briser cette monotonie.
J'arrive à Puerto Madryn en fin d'aprés-midi et une sensation de détente m'envahit : la vue de l'océan Atlantique calme et d'un bleu profond m'appaise. La côte ressemble aux côtes sabloneuses de Normandie mais avec une mer bleu comme la méditerranée au mois d'août.
La ville fleure bon la citée balnéaire. Ce sera mon point de départ pour une excursion à la péninsule de Valdès connue pour sa faune aquatique nombreuse et variée.
Pour l'instant, je vais aller déguster quelques fruits de mers...

Dimanche 20 mars - En transit

Encore dans les transports aujourd'hui... Je me rends d'abord à Los Antiguos, à la frontière chilienne. Je visite ce charmant village au bord du lac "Buenos Aires". La "capitale nationale de la cerise" tranche un peu avec la nature à l'état brut que je cotoie depuis plusieurs jours. Ici on y cultive les fruits et on élabore de délicieuses confitures. Je pars pour Commodoro Rivadavia (au bord de l'Atlantique) en fin d'apres-midi.
Cette traversée de la Patagonie d'Ouest en Est n'est indiquée dans aucun guide. Et pour cause: il n'y a rien à voir. Mais c'est exactement ce que je voulais : avoir une idée plus réelle de ce qu'est la Patagonie hors de la cordillère et de ses côtes. Et bien c'est le néant... Six heures d'une route (bitumée cette fois) toute droite dans un décor uniformément plat. Pas de montagnes à l'horizon. Pas d'animaux non-plus... A mi-parcours, la Patagonie dévoile une autre de ses richesses : le pétrole. A perte de vue, des petits forages automatiques pompent le sang patagon. Des pics-vert de métal plantent inlassablement leurs trompes dans le sol. Leurs mouvements ressemblent à ceux d'un mécanisme d'horlogerie avec ses contre-poids et son mouvement pendulaire.
Ce pétrole permet à l'Argentine de s'auto-suffire et même d'exporter celui-ci. On a presque l'impression d'être au Texas avec ces paysages arides et semi-désertiquess...
J'arrive à Commodoro, plus grande ville de Patagonie, dont la richesse repose sur ce sous-sol. Je pensais trouver facilement de quoi dormir dans cette ville peu touristique. Et bien non. J'ai pas mal galeré avant de trouver une chambre miteuse. Les jours se suivent et ne ressemblent pas...
Je suis néanmoins trés content d'avoir vu un côté moins "Disneyland" de la Patagonie (sous le soleil!).

Samedi 19 mars - La Ruta 40

La Ruta 40 est la route qui traverse une partie de l'Argentine du sud vers le nord en longeant la cordillère des Andes. Mon trajet doit me mener à Perito Moreno (rien à voir avec le glacier) en 14 heures sur 400 kilomètres de route en terre battue.
Je pensais que cela allait être long mais non : la route est splendide et prète à la méditation. A perte de vue, des steppes arides. L'herbe y pousse péniblement. Avec le soleil, les tons varient du brun sombre au jaune sec. Sur cette route, il n'y a rien. Ou presque. Nous avons croisé 4 fermes (estancias) et une station. Ambiance "Bagdad Café" pour ceux qui connaissent...
Dans cette nature hostile, on croise néanmoins quelques animaux : des lamas, un pangolin (enfin je crois...), des lièvres et des aigles.
A perte de vue, c'est le néant. Encore cette sensation de "bout du monde" qui me saisit. A l'horizon, on aperçoit de temps à autre les contreforts des Andes.
La route est assez cahotique et cela commence à devenir long pendant les deux dernières heures.Un autre visage de la Patagonie se présente à mes yeux: celui de ces étendues désertiques et inhospitalières. On ne croise même pas de véhicules. Comme si cette route ne servait à rien... Comme si ce que je voyais n'existait pour personne... Simplement pour la solitude. Pour perdre son regard et plonger profondément dans ses pensées et dans son coeur jusqu'à l'horizon...
Symboles de ces grandes propriétés en Patagonie, le fil barbelé est omniprésent le long de la Ruta 40

Pas de panique, si les voleurs de Nadège passent par ici, la prochaine gendarmerie n'est qu'à 118 kms...

Vendredi 18 mars - Les éléments

Je devrais voir le Fitz Roy depuis la fenêtre de ma chambre. Mais un voile gris couvre la chaine de montagnes qui s'étalait encore hier devant moi de façon majestueuse. Le temps est mitigé mais il ne pleut pas. J'entame une randonnée pour me rendre au pied d'un autre sommet de la région: le Cerro Torre (3100 mètres?).
La montée est agréable mais le temps s'assombrit au fur et à mesure de mon ascension. Mon arrivée au lago Torre, terme de ma marche, est accueillie par la pluie, le vent et le froid. Devant moi, les hauts sommets me boudent toujours derrière des nuées de pluie.
Subitement, dans la descente, le vent se lève avec une extrème violence. Tout se déchaine autour de moi. Les lacs se transforment en mers en furie et des vagues déferlent sur des plages insoupçonnés. Les nuages se déchirent. C'est désormais un grand ciel bleu au dessus de ma tête. Mais je reçois toujours une pluie qui vient de bien plus loin. Devant moi, le Fitz Roy épaissit son mystère. Sa masse sombre et imposante se distingue de temps à autre entre les nuages qui défilent à grande vitesse. "El Chalten" signifie "la montagne qui fume" en indien. C'était l'ancien nom donné au Fitz Roy... Je suis comme ces indiens : écrasé par les éléments. La terre, le vent, la pluie. Tout me dépasse et s'impose à moi.
A mon retour au village, tout se calme. Le Fitz Roy est alors visible et paisible comme si rien de ce qui vient de se passer n'était réellement arrivé. Un secret qui se doit d'être sans cesse redécouvert. Patagonique...
Une nature menaçante dans un équilibre serein

Alors que tout s'agite dans la montagne, la vallée demeure impassible

Jeudi 17 mars - Le Fitz Roy

Aujourd'hui, le soleil est de la partie.
Je prends tôt le matin un bus pour El Chalten. Pendant 5 heures, nous roulons sur la ruta 40 qui est assez connue en Argentine (je vous en parlerai dans un prochain article). La route en terre est cahotique et les paysages sont désertiques. J'imagine cette steppe balayée par de vents violents empêchant toute végétation de croître...
Soudain, au loin, par delà les collines arides, une forme se dresse fièrement et brise la monotonie du lieu: le Fitz Roy m'appelle... Impossible de me détacher de lui. Au fur et à mesure que nous nous raprochons, son contour se détache avec plus de pureté.
Nous voila à El Chalten, au pied du Fitz Roy. C'est le bout du monde. Le village est en plein développement du fait du tourisme florissant mais l'on se sent loin de tout, entouré par la nature et couvé par la chaine de montagne devant nous dont le Fitz Roy est le point culminant (3400 mètres).
A l'office du tourisme, on me dit qu'il faut partir en excursion mainenant, car des journées pures comme celle-là, il n'y en a pas beaucoup.
Juste le temps de poser mes affaires dans le premier hotel que je trouve et me voila parti à l'assaut des flancs du Fitz Roy. Je démarre ma randonnée vers 13 heures. Heureusement, à cette saison, on peut facilement marcher jusqu'à 19 heures.
Je marche d'un pas rapide pour essayer d'aller le plus haut possible. Je parviens à l'ultime endroit d'où l'on peut contempler le Fitz Roy : le Lago de los Tres. Aprés, c'est réservé aux andinistes chevronnés... Je vous envoie des photos dés que possible car cela vaut vraiment le coup! Le Fitz Roy dégage une impression magnétique. Dés qu'il est visible, on ne peut en détacher le regard. Avec ce ciel bleu d'un pur éclatant, tout devient magique...
La randonnée est superbe. Les paysages sont variés et la nature est intacte (nous sommes dans le parc naturel de los Glaciares). Encore un journée splendide dans un décor féerique...
Un prisme de roc posé pour la plus grande joie des randonneurs: le Fitz Roy

Le Fitz Roy vu du Lago de los Tres. Quelle récompense!

La vue n'est pas mal non-plus en se retournant. Au fond, le lago Argentino avec cette couleur si caracteristique donnée par les glaciers qui le nourissent

Mercredi 16 mars - Oh les beaux bleus!

Aujourd'hui est une journée un peu plus détendue puisque j'effectue une longue croisière sur le Lago Argentino. Il pleut encore quand je prends le bus pour me rendre à l'embarcadère. Heureusement, le reste de la journée sera bien meilleur. Ce n'est pas le grand bleu mais le soleil fait des apparitions brillantes et fréquentes. Mon bateau est d'un standing bien supérieur à mon précédent (je n'avais pas le choix car la compagnie maritime possède un monopole sur ce lac) : un grand catamaran avec d'énormes baies vitrées. Juste ce qu'il me fallait pour faire le lézard derrière la vitre à contempler de nouveaux glaciers.
Encore? Oui. Et encore différents. Hier, le Perito Morino avait la particularité d'être un des rares glaciers à avancer encore. Ceci le rendait spectaculaire par son côté vivant: il craquait et des morceaux s'en détachaient régulièrement.
Aujourd'hui, c'est une dimension supérieure : l'un des glaciers se nomme Upsalla. Avec ses 20 kms de large, sa glace s'étend à perte de vue jusqu'à l'horizon. Il faut s'imaginer la moitié du champs de vision occupé par une lave blanche uniformément plate et les montagnes reprenant péniblement leurs droits de chaque côté. Ce glacier a tout rabotté sur son passage. Il n'est pas vraiment spectaculaire car nous le voyons d'en bas mais il s'en dégage une force extrême et tranquile. Les sommets andins s'écartent devant cette puissance blanche. On ne parvient pas à mesurer les choses. Les points de repères sont trop vagues. Pourtant, les falaises translucides qui s'élèvent devant nous font bien plus de 80 mètres...
Les autres glaciers que nous verrons ont des tailles plus raisonnables. Tous ces glaciers ont en commun le fait qu'ils reculent. Il en résulte que d'énormes morceaux s'en détachent et flottent sur le Lago Argentino. C'est l'un des autres attraits de cette navigation: le bateau se faufile entre ces icebergs à la dérive et la magie opère à chaque instant. Chaque glaçon possède ce bleu propre aux concrétions glacières. Chaque iceberg devient une oeuvre d'art. On lui tourne autour et on le mitraille de photos. J'avoue en avoir pris beaucoup : on ne peut pas s'en empecher. Chaque reflet, chaque contour est sujet à photo. Désolé mais vous n'en aurez pas car l'endroit où je suis ne me permet pas de le faire. Et comme si je n'avais pas pris assez de photos, je vois enfin mes premiers condors. J'en ai vraiment pris plein les yeux. Et le tout bien au chaud...
Cela m'a permi de méditer sur la suite. Je comptais aller au parc Torres Del Paine qui se trouve au Chili. Mais le temps si incertain ne m'y incite pas. De plus, les seuls possibilités d'hébergement se trouvent à 80 kms de ce parc. Et je n'ai pas envie d'être dépendant des bus pour chaque randonnée. J'irai donc directement au nord d'El Calafate dans ce qui est -parait-il- la Mecque du trekking andin : El Chalten. C'est un petit village. Je ne sais donc pas si je pourrai vous donner des nouvelles aussi régulièrement.
Merci pour vos messages. Je n'y réponds pas faute de temps mais le coeur y est! Attention toute particulière à Papa : prompt rétablissement!
La vallée blanche au fond fait 40 kms de large. Upsalla...

Les glaciers à la dérive sont nombreux sur le Lago Argentino

Les plus petits lacs réservent aussi leurs lots de surprises

Une oeuvre d'art patagonique 100% naturelle

Mardi 15 mars - Avec ou sans glaçon?

Aprés mon arrivée pluvieuse de la veille à El Calafate, je me réveille avec espoir: mais non. Il n'y aura pas de soleil encore aujourd'hui. Le village de El Calafate s'est créé de toute pièce comme l'unique centre touristique à proximité des glaciers alentours. 80 kms séparent ce village des zones spectaculaires qui l'entourent.
Et quel spectacle! Un rapide cours de géographie s'impose: dans cette zone s´étend sur plus de 400 kms du nord au sud un glacier qui couvre une partie des Andes chiliennes et argentines. Faisant jusqu'à 40 kms de large, certaines de ses extremités touchent le Pacifque et d'autres atteignent des lacs argentins. C'est l'une de ces extremités que j'ai visité aujourd'hui.
Son nom : le Perito Moreno. Un monstre de plusieurs kilomètres de large qui descend des montagnes et vient perturber le cours d'un lac. Certaines années, son avancé est telle que le lac est coupé en duex. La partie en amont monte alors d'un vingtaine de mètre avant que, sous une pression extraordinaire, ce barrage naturel explose dans un fracas qui s'entend jusqu'à El Calafate (à 80 kms donc...).
Je vais avoir du mal à trouver des mots pour décrire le site : il faut s'imaginer une meringue géante descendant entre les montagnes avec des reflets d'un bleu qui ferait palir le meilleurs liquides pour les toilettes. Mais le plus impressionant est cette sensation d'immensitée: le glacier, dans sa partie visible fait 80 mètres de haut. On se sent humble. On se fait tout petit devant dame nature: on la vénère, on implore sa clémence. Car sa force est démesurée. De temps en temps, des pans entiers du glacier tombe dans le lac dans des craquements somptueux et assourdissants. Tout est grand. Trop grand. Je reste des heures à le regarder. Il est vivant. Il avance. Il craque. Et ces bleus... Alors qu'il n'y a pas de soleil, le glacier s'illumine et montre la profondeur de ses bleus. Des bleus qui attirent et appaisent...
Aprés la poésie, j'ai pu toucher le glacier en effectuant un trekking en crampon sur celui-ci. L'immensité fait place à la diversité : falaises, collines, rivières... C'est un monde où tout est bleu mais rien n'est pareil. Malheureusement, la pluie était de la partie et cela a quand même gaché le confort de la découverte. Encore une fois j'ai eu froid. Mais quel expérience!
Un guide a sorti une epression que je vais souvent utiliser: le temps d'aujourd'hui était patagonique. Tout un programme...
Mes photos ne sont pas exceptionnelles car il me faudrait un grand angle. Je vous propose d'aller à la page suivante pour voir des images assez fidèles du Perito Moreno : http://www.losglaciares.com/en/parque/galeria1.html

Aucune image ne peut représenter l'immensité et la majestuosité du site

La photo est mauvaise car il pleut et j'ai froid: un collector pour mes fans uniquement

Lundi 14 mars - Enfin de l'andinisme

Le temps n'est pas exceptionnel mais il ne pleut pas. Je décide donc d'entamer l'ascension du Cerro Guanaco (environ 1100 mètres) en observant bien l'évolution du temps. Sur mon parcours, je réussis ma première photo d'animal! Je me demandais où étaient ces gens qui construisaient des cabanes en ne s'arretant jamais de planter des clous. Je les ai trouvé: ce sont des pics verts! Et en plus, ils ne sont pas farouches. Merci Woody!
La randonnée est raide mais on est richement récompensé au bout : le soleil fait une apparition durant ma pause au sommet. Pas de vent: je n'ai pas froid! Autour de moi, à perte de vue la Terre de Feu: ses montagnes, ses lacs, ses océans et ses nuages bas... On oublie tous les jours de pluie, de vent et de froid. Tout s'étale devant soi et nous ressource. Je réalise que je viens de faire mon premier sommet des Andes. Ça y est : je suis un andiniste comme on dit ici.
Je redescends rapidement car... J'ai un avion. Ah... L'homme moderne...
Drection El Calafate à 300 kms au nord d'Ushuaia. Je suis de retour sur le continent et je pose enfin le pied dans ce que l'on appelle la Patagonie. Mon premier pas est boueux car il pleut énormément... Mais je commence à avoir l'habitude.

On a retrouvé Woody Wood Pecker! Il est en Terre de Feu et il fait un de ces boucans!

En haut du Cerro Guanaco: la vue est superbe

Dimanche 13 mars - Retour à la réalité

Et la réalité est qu'il fait gris et qu'il fait froid... Mon experience extraordinaire de la veille m'avait encouragé à prolonger mon séjour dans le coin. Mais las, les éléments se déchainent à nouveau. Je ne pourrai pas effectuer la grimpette d'un sommet local (Le Guanaco) car le temps est trop incertain. Je retourne malgré tout dans le parc de la Terre de Feu et entame une randonnée moins risquée autour du Lago Roco qui me mene jusqu'à la frontière chilienne. Appaisante mais un peu fraîche à mon gout, la promenade se termine sous la pluie. Il me reste encore demain pour esperer revoir le soleil. Je prendrai en fin de journée un avion pour El Calafate. C'était cela ou 18 heures en bus. D'aprés tous mes indic' (personnes et guides), l'espace entre ces villes ne présentent aucun intéret. Comme la différence de prix entre les deux moyens de transport n'était pas énorme, j'ai opté pour le confort et la rapidité de l'avion.
Merci à tous pour vos encouragements et commentaires. Ils me réchauffent bien le coeur (Et j'ai en besoin avec ce froid!). Pour l'instant, ma découverte musicale du pays passe au second plan. Je lutte actuellement avec mon espagnol et c'est vraiment frustrant. Je me rends compte de toutes mes lacunes et cela me bloque énormément. Je me force à penser en argentin mais cela n'est pas gagné...

Voici le vrai visage de la Terre de Feu: menaçant et frigorifiant

Samedi 12 mars - Spéciale dédicace

Deux photos pour Nadège que j'embrasse tres fort et à laquelle je pense tout le temps. Courage! Je m'en vais te les plumer ces saltimbanques de péruviens. Grrr...

La Quiaca est la ville argentine la plus au nord. Elle se situe a la frontière de la Bolivie. 5000 kms... Cela donne une idée de la distance qui nous sépare. Même si dans les coeurs...


Il n'y a aucun vengeur masqué affamé en Terre de Feu (je les ai tous envoyé à Lima en mission spéciale). Seulement quelques renards qui rodent autour des poubelles...

Samedi 12 mars - Ushuaia au soleil!

Voici quelques photos de la Terre de Feu quand il fait beau. Cela se passe presque de commentaires. J'ai passé ma journée dans le parc naturel de la Tierra del Fuego. Un endroit exceptionnel où la nature s'exprime dans un cadre merveilleux entre mer et montagne. Avec le soleil, cela devient magique. J'ai croisé beaucoup d'animaux : lapins, canards sauvages, cormaorans, ... Mais j'ai encore raté toute mes photos à part celle d'un lapin qui était encore plus lent que moi. Mais bon, tout le monde sait ce qu'est un lapin...
Cette journée de soleil a effacé mes froides pensées des jours précédents...

Dans quelques hectometres, la fin de la ruta 3 qui traverse l'amerique du nord vers le sud


Le panneau indiquant la fin de cette route mythique : l'Alaska est a plus de 17000 kms!


Des vues epoustoufflantes et différentes a tous les virages... Tiens, on n'est pas dans les calanques, con?

Vendredi 11 mars - El Tres Marias

Il fait froid. Il a plu. Le temps est gris. Le vent est fort. Mais aujourd'hui, c'est décidé: je vais naviguer.
J'évite les nombreuses offres de grosses machines touristiques avec leurs énormes catamarans couverts où l'on est bien au chaud et me tourne vers une embarcation plus à mon gout: un petit bateau de pêche.
Nous sommes six sur le rafiot et aucune possibilité de s'abriter.
Ah! La mer... Les embruns... Enfin l'aventure... Et vogue le Tres Marias...
Malgré le froid humide et la grosse mer, le spectacle est splendide. Nous naviguons sur le canal de Beagle. Cette petite mer interieure coupe la Terre de Feu d'est en ouest, permettant aux navires d'éviter le Cap Horn pour aller de l'Atlantique au Pacifique.
C'est une vraie communion avec la nature. Les oiseaux sont multiples et variés : goëlands, albatros, mouettes, cormorans et d'autres que je ne connais pas... L'une des particularités de notre embarcation est qu'elle peut accoster presque n'importe où du fait de sa taille. Nous visitons des îles totalement inhabitées où nichent des nuées de cormorans.
Nous découvrons d'anciens sites habités par les indiens Yamanas. Ces indiens vivaient en Terre de Feu bien avant l'arrivée de l'homme blanc. Ces indiens vivaient d'une façon incroyable. D'abord, ils vivaient nus. Pourquoi par un tel froid? Parce qu'ils vivaient près de l'eau et que des habits mouillés sont toujours plus froids que rien du tout. Ils s'enduisaient en permanence de graisse de phoque. Encore plus fort : leurs jambes étaient attrofiés car ils restaient en permanence accroupis près d'un feu qu'ils entretenaient! Leurs corps s'étaient adaptés à ces conditions extrême : la température normale était de 38,5 degrés et la consommation en calorie le double de celle d'un être normal! Je pourrais en parler pendant des heures... Comme la plupart des indiens, ceux-ci ont disparu décimés par nous et surtout par notre mode de vie et nos maladies...
Retour sur l'eau : des otaries jouent autour de notre bateau. Nous voyons des loups de mer s'ebattre sur des rochers. Bref, on en prend plein les yeux. Sauf que les creux sont de plus en plus importants. Certaines vagues nous arrosent copieusement. Là, j'ai VRAIMENT froid. Et le bateau ne fait qu'entamer son retour. Je ne m'attarderai pas sur ce moment frigorifque mais je suis un peu marqué physiquement. J'ai pris un coup de soleil alors que je ne l'ai quasiment pas vu et je me sens froid le restant de la journee sans rien qui puisse y remedier. Mais j'ai pris beaucoup de plaisir a découvrir ce petit coin de nature aquatique encore intacte même si j'ai raté toutes mes photos!

Vendredi 11 mars - Bon anniversaire Papa!

Bon anniversaire Papa! Et prompt retablissement...
Pour egayer cette journee, voici quelques photos prises au cours de mon excursion en bateau dans le canal de Beagle.
Mes commentaires viendront plus tard.


Voici le Tres Maria, charmant petit bateau de peche


Moi sur le Tres Maria. Si j'ai l'air tranquile, c'est parce que je suis quasi-congele sur place


J'ai vu beaucoup d'animaux mais aucune de mes photos n'est reussie!. Heureusement, ce gentil oiseau (que mes lecteurs experts m'aideront a reconnaitre) est gentiement reste en planneur pendant deux minutes juste au dessus de moi. D'apres le capitaine, il cherchait a nous bombarder. Voici donc ma premiere photo de journaliste embarque dans un conflit maritimo-aerien


Jeudi 10 mars - Le vrai visage d'Ushuaia

Ce matin, le temps est couvert. Il pleut et il fait frais.
Les pluies se font de plus en plus rares au fil des heures mais le vent redouble d'intensite. Voila un climat plus en accord avec ce que l'on attend d'Ushuaia : extreme et changeant.
Je reserve neanmoins une excursion en bateau pour l'apres-midi. Je profite de la matinee pour effectuer mon "demenagement" d'une habitation a une autre et me promener encore en ville.
Dans l'apres-midi, le temps ne change guere : ciel bas, vents violents. Tiens, j'ai froid... J'attends mon bateau qui a une heure de retard. A la radio, le capitaine crachotte quelques mots aux personnes qui nous font patienter a quaie. Je comprends a peu pres le"tiempo de mierda" : ils sont bloques et ne prendront personnes cette apres-midi. Mon excursion est reportee au lendemain.Voila donc une journee de detente. Le temps n'est pas propice a la randonnee. Pourtant, les nuages se font plus claircemes. Vers 17h00, le soleil fait des percees encourageantes. Cela suffit a me faire sortir.
En face de moi : le glacier Martial. Et si j'essayais de m'en rapprocher? Fidele a mon habitude, je trace tout droit pour monter. Par chance, je tombe sur un sentier que des gens ayant la meme inspiration que moi ont du creuser. Apres 2 heures de montee, je suis recompense par une vue sur toute la baie d'Ushuaia. Il est 19h00 et temps de redescendre. Si tard? Me direz-vous. C'est l'une des particularites des ces regions autrales: les jours sont tres longs et cela permet de faire beaucoup de choses en une journee.
Dans ma descente, je passe a nouveau par ces quartiers que les touristes ne voient pas car ils sont en dehors de toute zone "interessante". Un certain denuement social existe bel et bien en Argentine. Ce n'est pas de la misere car il y a de la dignite dans les modestes habitations que je voie et dans l'existence des gens. On a l'impression que tout s'est fige dans le temps ou que cela redemarre a peine (le contre-coups de la crise economique des annees 2000?) dans ces quartiers. Des petites "maisons" faites de bric et de broc (mais propres) cotoient des immeubles flambant neufs tres similaires a nos HLM. Je n'aime pas trop parler par de mes simples et subjectives impressions. Je vais donc clore ici ce volet "peinture sociale".
Au chapitre gourmand, je continue a decouvir la "centolla" (ou arraignee de mer). Cette fois-ci en salade. Toujours aussi bon. Je decouvre aussi d'autres manieres de preparer du poisson : essayer de faire cuire un filet de morue avec du parmesan fondu dessus. C'est excellent et il y a ce genre de melange "poisson-fromage" un peu partout dans Ushuaia.
Sinon, il fait toujours froid...

Mercedi 9 mars - On dirait le sud

Toujours pas d'accents. Il va falloir s'y faire...
J'ai pris mon avion ce matin pour Ushuaia et je suis arrive cet apres-midi sans encombre. Malgre l'extreme "australite" de mon point de chute, il fait etonnament bon.
Je n'ai pas trouve la temperature mais je tiens sans trop de probleme avec un tee-shirt et un coupe-vent. Le temps oscille entre de gros nuages gris et de belles eclaircies. Mais pas de pluie.
Apres mon palm qui ne marche pas, voici la page internet qui saute. Je vais devoir re-ecrire mon recit du jour. Je crois que je vais vraiment commencer a hair la technologie...
Bon, je m'y remets en essayant de ne pas m'enerver.
Je passe mon apres-midi a visiter Ushuaia. Le style de la ville est un savant melange de village de montagne et de ville portuaire. Les montagnes alentours donnent au cadre un petit air d'Ecosse. La principale attraction de la ville est un musee situe dans l'ancien bagne. Il relate de maniere interessante l'histoire d'Ushuaia et de son bagne. Celui-ci est a l'origine d'Ushuaia puisque le gouvernement souhaitait y implanter une colonie de prisonniers avec leurs familles (comme cela a ete fait avec succes en Guyane). Mais cela n'a pas pris et la ville s'est civilisee en devenant un port.
Au chapitre gastronomique (qui alimente bien les discussions!), le changement est radicale puisque les fruits de mer sont a l'honneur. La vedette est un crabe geant (environ un metre de diametre?) qui est servi a toutes les sauces celon la spécialite du restaurant. C'est delicieux et plus fort en gout que le crabe classique que nous connaissons.
Je vous remercie pour tous vos commentaires. Ils me rapprochent de vous!
Bon. Sion, je n'ai pas touve Nicolas Hulot. Et encore moins les jolies filles qui prennent des douches a moitie nues avec le shampoing douche Ushuaia. J'espere que cela rassurera Nadege que j'embrasse tres fort!!!
A noter aussi qu'on ne dit pas "ouchouhahiha" mais "oussouhahiha". Voila, c'etait pour la minute culturelle.

Mardi 8 mars - Bienvenido en Buenos Aires

Pas d'accentuation pour ce message car mon clavier n'en a pas! Desole...
Je suis bien arrive a Buenos Aires (BA pour les intimes). Le vol n'etait pas terrible mais ponctuel. Je passe ma matinee dans les differents transits me menant a mon hotel. Acueilli par la pluie, la temperature est neamoins agreable. Le temps se remet au beau en debut d'apres-midi. Ceci me permet de me promener sans but dans le centre ville. Le temps est desormais splendide et il fait juste bon (22 degres) comme il faut.
La ville de BA n'a rien d'exceptionnel a part les gens et l'ambiance. Pas grand-chose a visiter mais l'on s'y sent bien. Un beau "bordel" plein de bruit. Un peu dans le style de Marseille mais en mieux. Enfin, c'est mon point de vue et il est tres subjectif... On aime ou on aime pas. Moi j'adore.
Je passe ma journee a chercher un clavier pour ecrire sur mon PALM. Ceci me donne un but dans mes vagabondages. Je vous passerz les details techniques mais je me retrouve avec tout un attirail me permettant theoriquement d'ecrire partout dans le monde mais tout a subitement crache dans la soiree. J'ai donc tout perdu -y compris mes configurations! Me voila reduit au bon vieux Internet cafe.
Enfin bon, rien de tres grave : le principal est que je vais bien.
BA est pleine de vie et il y fait bon vivre si l'on ne se focalise pas sur l'agitation permanente qui y reigne. Et les gens sont vraiment sympas... Mais il faut que j'ameliore un peu mon espagnol car je suis pour l'instant assez hesitant alors que les gens ont vraiment envie de parler!
Mon repas du soir est delicieux : viande grillee et vin rouge (MAlbec de San Telmo : delicioso!). Je ne vais pas commencer une polemique mais c'est presque mieux qu'en France...

lundi 7 mars 2005 - Bienvenue

Bonjour à tous et bienvenue sur mon modeste site.
Depuis que je connais Nadège, mes récits sur internet m'ont permis en tout lieu de partager des moments et des sensations avec ma bien-aimée lors des périodes d'éloignement. Je ne cède pas à la mode du blog mais continue à perpétuer cette tradition propre à notre couple. Cette fois-ci, j'ai décidé de rendre ce site visible pour tous mes proches.
Vous avez la possibilité d'ajouter des commentaires à mes récits. N'hésitez pas à le faire. Cela n'en sera que plus vivant!
Excusez-moi par avance mais je n'ai aucun moyen de corriger automatiquement mon orthographe. Ce sera donc une dictée marathon de plus de trois mois...
Je prends mon avion aujourd'hui pour Buenos Aires. Je vous donnerai de mes nouvelles dès que possible.
A trés bientôt!